Le jardin d’Éden, appelé aussi jardin des délices (comme le titre d’une toile de Jérôme Bosch), est identifié au Paradis terrestre.
Nos deux andouilles, Adam et Ève, y vécurent heureux avec tous les animaux (et personne ne mangeait ni rien ni personne) jusqu’au moment où ils en furent chassés – mais quelle idée de vouloir comprendre et connaître les choses !
Les représentations en sont à peu près innombrables, mais aujourd’hui petit choix.
Chagall, Le Jardin d'Éden (Nice) : dans une mystérieuse forêt marine bleue et verte, peuplée d'étranges créatures, flotte un être de lumière et de fleurs qui illumine le monde autour de lui.
Chagall, Tentation d'Ève (Nice) : Adam et Ève se tiennent l'un contre l'autre, un peu comme les couples du Cantique des cantiques que Chagall représente si souvent. Ève tient la pomme d'un air dubitatif, tandis que le serpent attend patiemment, sortant d'un arbre. Ils ont l'air bien innocents, ces deux humains.
Chacun peut avoir sa propre vision du Paradis.
Je vous présente Edward Hicks (1780-1849), peintre naïf et quaker américain. Ses toiles ne représentent pas le jardin d’Éden, mais le royaume évoqué par Isaïe (« le loup habitera avec l'agneau, et le léopard s'allongera avec l'enfant, le veau et le jeune lion (...) et un petit enfant les mènera »). Il en donnera plus de 60 versions ! Cette vision d'Isaïe s'accompagne d'une évocation de l'histoire (récente) d'un jeune pays plein d'avenir, à savoir la rencontre entre Wiliam Penn et les peuples autochtones, établissant le traité de Pennsylvanie.
Hicks Edward, Le Royaume de paix (1833, Brooklyn museum). Hicks est un peintre autodidacte et on aime ses animaux aux grands yeux exorbités et aux pattes sages. C'est donc une vision des origines des États-Unis : les bêtes féroces cohabitaient avec les bébés sans les manger et les colons n’avaient pas encore exterminé les autochtones. C'est évidemment aussi une promesse d'avenir : ici naît un pays où la cohabitation pacifique entre tous sera possible.
Et maintenant, quatre vitraux du cloître de Gloucester.
De gauche à droite : Adam au milieu des feuillages ; Ève avec sa grande chevelure d’or cueillant un fruit sur un arbre ; Dieu les maudissant comme un enseignant ferme mais poli (et accompagné de deux séraphins aux ailes rouges très décoratives) ; les deux héros qui passent la porte du jardin en pleurant.
Un autre vitrail anglais, cette fois l'église Saint Mary à Fountains Abbey (Yorkshire)
Vitrail dessiné par Frederick Weekes (fin 19e- début 20e). Ici c’est Gabriel avec sa grande épée qui chasse nos héros, vêtus par des habits de feuillage.
Rosario de Velasco, Adam et Ève (1932, Madrid Reina Sofia).
Et si l'on imaginait Adam et Ève heureux ? Allongés sur l'herbe, se reposant après une bonne journée de travail, partageant un moment ensemble, loin de toute malédiction et de toute nostalgie d'un paradis perdu, comme les habitants ordinaires des villes et des campagnes. Une belle peinture figurative des années 30, avec cette stylisation des feuillages et des corps et cette gamme réduite de couleurs.
Anecdote : pour rédiger cet article, je tape dans mon ordinateur "Paradis", "Adam" et "Eden" afin de repérer les oeuvres dont je possède la photo et qui m'auraient échappé. Et je tombe sur une vision des plus terrestres du jardin d’Eden. Je ne résiste pas ; la voici :
La semaine prochaine : rien du tout. Dans deux semaines, je vous raconte mes vacances (chacun se débrouille pour avoir quelques heures de paradis).




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