Halldór Laxness, Les Annales de Brekkukot, parution originale 1957, traduit de l’islandais par Régis Boyer, édité en France par Zulma.
J’ai pris plaisir à la lecture de ce roman. La construction en est peut-être assez lâche, mais les portraits sont réussis. Plus ou moins affabulateurs peut-être, à moins que ce ne soit le petit garçon qui ne comprenne pas tout très bien, mais sincères et solidaires. Pour eux, la modernité est un objet inconnu et exotique.
L’automne avait soufflé dans notre direction la veille au soir, mais le lendemain matin, il était reparti. Les gouttes de pluie scintillaient dans les touffes d’herbe, entre les dalles du pavé, sur les pissenlits optimistes de cette fin d’été et sur les écailles de poisson dans le marécage. Et l’éclat du soleil teintait les tanaisies de rouge.
Surtout, on découvre la future capitale de l’Islande (celle-ci n’est pas encore indépendante), ses personnages, ses codes sociaux, ses aspirations sociales et culturelles… On devine la volonté d’évoquer l’époque des derniers petits pêcheurs, des dernières maisons de tourbe, bientôt remplacées par la brique et la pierre, de l’omniprésence des saga dans l’imaginaire de chacun, des chansons traditionnelles, etc. Il y a aussi un extraordinaire débat municipal sur les horaires de travail des barbiers (mais il est également question du Barbier de Séville, le plus grand barbier du monde).
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| Zorn, Magda Geber, 1891 Mora Zornmuseet Zorn est un peintre suédois mais je pense qu'une jeune fille du roman se verrait bien en Magda. |
Quelle qu’en soit la cause : ce petit grand peuple, longtemps roide parce qu’ossifié pour avoir été l’incarnation de tout ce qui est vrai et juste dans une petite grande ville par-delà des mers, ces classes supérieures islandaises éduquées sans culture musicale avant qu’on nous considère comme peuple, cette foule de gens les plus dépourvus de musique qui se soient jamais assemblés sur terre – ils se mirent tous à écouter.
Évidemment au vu du sujet, la musique est importante et le roman me permet de participer au défi Sing me a song de Sunalee. Je retiens Le Roi des Aulnes de Schubert qui joue un rôle important dans la narration.
L’Islande est une île (incroyable !) et le roman est marqué par l’arrivée et le départ des bateaux vers Copenhague, qui amènent et emportent tel ou tel personnage, jusqu’au narrateur. C’est donc une participation de choix pour les escapades européennes de Cléanthe, qui part dans les îles ce mois-ci (d’autant que mes étagères portent plusieurs romans islandais).
De Laxness j’ai également lu l’excellent La Cloche d’Islande. L'auteur a reçu le Prix Nobel de littérature en 1955.

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