Connaissez-vous Germaine Richier ? Non, ce n’est pas une athlète, c’est une immense sculptrice française.
Germaine Richier (1902-1959). Un apprentissage à l’École des beaux-arts de Montpellier, puis dans l’atelier de Bourdelle à Paris. Reconnue, des expositions lui sont assez rapidement consacrées. Elle réside en Suisse pendant l’Occupation.
Son œuvre comprend de nombreux bustes, de grandes silhouettes masculines et féminines, immobiles ou en marche, des sauterelles géantes, une femme-araignée, Don Quichotte, un grand cheval à six têtes et...
L'Escrimeuse avec masque, 1943, bronze patiné foncé (fondeur Godard), conservé au Musée Fabre. C'est cette pose que nous avons pu voir à la télé lors des tournois d'escrime, "en garde" a-t-on envie de dire. Cette position allie tout à la fois l'immobilité absolue (et pas seulement parce que c'est du bronze), une grande tension et une dynamique paradoxale : ne dirait-on pas que le ressort va se détendre tout à coup et que l'escrimeuse va bondir à l'assaut d'un instant à l'autre ?
Stabilité et équilibre : les maîtres mots de la sculpture. Comme quoi la sculptures se prête également à la représentation de l'instant décisif et du mouvement suspendu. Quand l'immobilité est d'abord une position.
La représentation est à la fois réaliste et théâtrale. Le masque posée sur la tête nous rend le personnage étrangement aveugle et mystérieux.
L'Escrimeuse sans masque, 1943, bronze patiné foncé (fondeur Pastori), conservé à Zurich Kunsthaus. Ici l'escrimeuse n'est pas seulement sans masque. Si elle n'est pas véritablement nue, tous les détails de l'habit semblent estompés, c'est particulièrement visible pour ce qui concerne les gants et les chaussures. D'une simple combinaison ou une silhouette non détaillée à une carapace transformant le corps en une quasi sculpture.
Richier a élaboré le plâtre original de L'Escrimeuse en 1943, à partir duquel plusieurs oeuvres en bronze fondu ont été tirées, avec d'intéressantes variations.
Le Coureur, 1955, bronze patiné foncé (fondeur Susse), conservé au CNAP. Un homme pris dans le mouvement de la course, posé sur un seul pied - se rend-on compte de la performance en terme d'équilibre des poids pour faire tenir debout ce grand bronze ? Les bras près du corps, en plein élan de la foulée.
Ni le corps ni la tête ne sont individualisés, l'artiste a évité tout détail qui nous éloignerait de sa silhouette. Pourtant, pas de silhouette lisse. La surface est irrégulière et accroche la lumière, nous invitant à suivre les aspérités et les possibles jeux des muscles et des nerfs en action.
S'agit-il d'un sportif ou d'une fuite ou de toute autre raison de courir ? Rien ne l'indique.
En 1954 Richier reçoit la commande d'une sculpture de coureur pour le Stade Jean-Bouin de Pantin, mais celle-ci n'a jamais été installée et l'oeuvre originale est conservée dans une collection privée. De même en 1955, c'est pour le stade scolaire de Saint-Ouen qu'elle reçoit une commande pour une figure de coureur, mais là encore, l'oeuvre n'est pas installée et depuis elle est conservée au CNAP, déposée au Musée Fabre. C'est cette seconde oeuvre que nous voyons aujourd'hui.
Certains d’entre vous auront découverte Richier lors d’une exposition à Pompidou il y a quelques années. Avant cela l’exposition était au musée Fabre de Montpellier. Tout au long de l’année ses œuvres peuvent être admirées notamment à Antibes et à Montpellier.
La semaine prochaine : no sport.
Allons bon, il y a eu des oeuvres d'elle devant aller au musée des beaux arts de tours, mais finalement à Fontevraud? A vérifier. Il me semble qu'il y a eu récemment une présentation? (terminée)
RépondreSupprimerEn tout cas il y a une rue Germaine Richier à Tours...
Comme c'est de la sculpture en métal, il y a souvent plusieurs exemplaires d'une oeuvre, on peut en trouver à plusieurs endroits. Mais en l'absence de catalogue raisonné, c'est difficile de savoir.
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