La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



Affichage des articles dont le libellé est Kauffmann. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kauffmann. Afficher tous les articles

samedi 24 septembre 2011

Une lumière blanche légèrement cendrée, couleur craie, déteint sur la campagne.

Jean-Paul Kauffmann, Courlande, Paris, Fayard, 2009.

Un livre dont quelqu’un avait parlé à mon club de lecture et qui m’avait fait envie. Et puis récemment Asphodèle en a parlé et mon envie s’est réveillée. Surprise… quelques semaines plus tard, dans ma boîte aux lettres, le livre, envoyé par Asphodèle… elle est merveilleuse !
Donc, je l’ai lu. Et mon avis est plus que mitigé, très tigé. En réalité, à mon sens, le problème est simple : Kauffmann n’est pas un écrivain. Du coup, même si ce qu’il est raconte est très intéressant, j’ai eu tendance à m’ennuyer et à soupirer. C’est bien dommage, parce qu’il y a plein de choses palpitantes. Il raconte la Courlande et lui, comment il en entend parler la première fois (une histoire d’amour), et son séjour là-bas, sur un prétexte journalistique. Nous le suivons dans ses pérégrinations dans cet autre bout de l’Europe.

La Courlande est une région de Lettonie, où ont vécu jusqu’à la Révolution d’octobre de riches châtelains descendants des chevaliers Teutoniques. Leurs châteaux immenses et déserts sont restés, passés au travers de la Seconde Guerre mondiale et l’occupation soviétique. Ils donnent lieu à des évocations de cet univers suranné. Dans ce coin perdu, sont aussi passés Louis XVIII en exil (et là j’ai très envie de me documenter sur cette période) et le beau guerrier Maurice de Saxe, qui faisait chavirer tous les cœurs du Paris du XVIIIe siècle. Il y a eu la terrible Seconde Guerre avec l’armée allemande coincée dans cette poche de Courlande et Kauffmann fait parler un vétéran :
Un silence absolu pendant deux jours. Les combats ont repris de plus belle le 26 décembre. Le plus effrayant était le bruit. Cette artillerie soviétique, avec les orgues de Staline, était un cauchemar. Je suis violoniste amateur. Dans mon trou glacé, je trompais l’angoisse en notant l’échelle tonale des départs avec gamme montante et gamme descendante. J’avais fini par trouver une certaine harmonie dans ces tirs. L’artillerie était si proche… Le sifflement des canons multitubes, la colonne d’air, le souffle et la vibration ressemblaient à [il use d’un mot en allemand et décrit l’instrument, je crois que c’est un sistre…] Franchement, on ne peut comparer à rien un barrage roulant soviétique. Une musique infernale, mais une musique, malgré tout, avec son rythme insensé.

Le gros point positif, c’est l’envie de littérature. Kaufmann donne envie de lire, de lire, et de lire encore. D’abord Stendhal et ses récits de voyage en Italie qui accompagne le narrateur. Marguerite Yourcenar et Le Coup de grâce. Puis les romans de Keyserling (un local) qui campe un monde en déliquescence, à la fin du XIXe siècle. Un livre qui donne envie de lire ne peut pas être mauvais à mon sens, il me donne aussi envie de m’y rendre, en Courlande, donc ce n'est pas totalement loupé.


Vous pouvez lire l'avis d'Asphodèle que je remercie vivement pour cette attention !