La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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lundi 21 novembre 2011

Métro, boulot, dodo


Qu’est-ce qu’un poème de métro ?

J’écris, de temps à autre, des poèmes de métro. Ce poème en est un.
Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de métro ?
Admettons que la réponse soit oui. Voici donc ce qu’est un poème de métro.
Un poème de métro est un poème composé dans le métro, pendant le temps d’un parcours.
Un poème de métro compte autant de vers que votre voyage compte de stations moins un.
Le premier vers est composé dans votre tête entre les deux premières stations de votre voyage (en comptant la station de départ).
Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station deux.
Le deuxième vers est composé dans votre tête entre les stations deux et trois de votre voyage.
Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station trois. Et ainsi de suite.
Il ne faut pas transcrire quand la rame est en marche.
Il ne faut pas composer quand la rame est arrêtée.
Le dernier vers du poème est transcrit sur le quai de votre dernière station.
Si votre voyage impose un ou plusieurs changements de ligne, le poème comporte deux strophes ou davantage.
Si par malchance, la rame s’arrête entre deux stations, c’est toujours un moment délicat de l’écriture d’un poème de métro.

Spéciale dédicace à mes nombreux amis parisiens (et aux utilisateurs du RER B).
Extrait de l’Anthologie de l’OuLiPo, Paris, Gallimard, 2009. Un premier extrait (indispensable si vous voulez juste rire ce lundi matin) ICI.
Photo : Murs du Panier, image M&M.

mercredi 23 mars 2011

Pour une fois, le lecteur n'est pas en cuisine. Il est assis à table.


Rire est important, un rire pas cynique, un rire pas moqueur, juste un vrai rire parce que c’est drôle…


Exercice de style
La Joconde, le point de vue des Tontons flingueurs.

 -   Sans être franchement malhonnête, elle est assez curieuse. On a dû arrêter les visites. Y’en a qui devenaient aveugles.
-       Ah faut reconnaître, c’est du brutal.
-       J’y trouve une touche d’ocre.
-       Y’en a.
-       Tu sais pas c’qu’y m’rappelle ? Cette espèce de diptyque qu’on voyait dans un musée de Bien-Hoâ, pas loin de Saigon. Et l’artiste, déjà, comment qu’y s’appelait, nom de Dieu !
-       Le Titien.
-       T’as connu ?
(Entre une jeune fille, qui s’approche du tableau.)
-       Touche pas au châssis, salope !!
(Effrayée, la jeune fille sort de la salle.)
-       D’là peinture à cet âge-là !
-       Il avait son secret, Léo. 50 kg de modèle, un bois verni, et il te sortait un chef-d’œuvre trois étoiles au pinceau. Et c’est pour ça que je me permets d’intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoire qu’y feraient mieux de fermer leur gueule.
-       Z’avez beau dire… Y’a pas seulement de l’ocre. Y’a autre chose. Ça serait pas des fois de la terre de Sienne ?
-       Y’en a aussi.
-       Faut quand même admettre que c’est plutôt un tableau d’homme.

Ce chef-d’œuvre est extrait de l’Anthologie de l’OuLiPo, ouvrage paru en 2009, auquel j’ai réussi à convertir déjà deux de mes amies et je compte bien augmenter l’effectif…

L'original :


Je vous conseille par ailleurs un très bon article de Grillon sur la la Joconde quimpéroise.