La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 19 février 2013

Par qui coule en blancheur sibylline la femme


Velours et guipure. Mallarmé et La Dernière Mode. Catalogue d’exposition tenue au Musée Mallarmé de Vulaines-sur-Seine, 2003.
Un cartel de l’exposition L’Impressionnisme et la mode permettait d’apprendre que Mallarmé avait rédigé un magazine de mode, sous divers pseudonymes féminins. Intrigant…
Ce petit catalogue déniché à la boutique du musée d’Orsay permet d’éclaircir le mystère. La Dernière Mode a connu 8 numéros durant l’année 1874. Mallarmé y écrivait sous divers pseudonymes : Marguerite de Ponty, Miss Satin qui fait la « Gazette de la Fashion » (car le goût pour les mots anglais n’est pas nouveau), « une dame créole » qui donne une recette de cuisine… Le journal publie des descriptions de tenues à la mode (avec gravures pour illustrer), les poèmes d’auteurs contemporains et publicités pour divers magasins fournissant lingerie, corset, etc. Le catalogue donne les détails sur le fonctionnement d’un journal de mode de l’époque. On devine dans les colonnes du journal un rédacteur amateur de mots rares (noms d’étoffe, de pièces de vêtement, matériaux) et de tournures de phrases sonores. Une découverte intéressante pour mieux connaître les liens entre presse et hommes de lettres.

Photographie de l'atelier de Nadar, 
Mallarmé, 1896, Paris, 
Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, image RMN

Tristesse d’été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux
« Nous ne serons jamais une seule momie
sous l’antique désert et les palmiers heureux ! »

Mais la chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

1866

Quelques mots sur Mallarmé et Oscar Wilde.




2 commentaires:

  1. Très agréable,quelques vers de Mallarmé à 7h30 du matin.Bonne journée.

    RépondreSupprimer
  2. Oui, on voit trop peu Mallarmé. Bonne journée également.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").