La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 27 août 2013

D’Artagnan n’était pas non plus de ces gens qui pensent que la nuit porte conseil ; la nuit d’Artagnan dormait.


Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires, 1844 et 20 ans après, 1845.

Bon, je ne vais pas vous raconter l’histoire, je suis la dernière à lire ce roman !
Je dois dire que le début des Trois mousquetaires avec sa virilitude bagarreuse m’a un peu énervée. Mais heureusement ensuite, les aventures commencent vraiment, avec les galopades, les ruses, les promesses, les rebondissements, les personnages… Les points forts sont évidemment le rythme du récit et le portrait de certains personnages (notamment Milady mais aussi les valets). L’autre chose qui m’a énervée est la supposée spécificité du Gascon. On le saura qu’ils ont du caractère ! Mais au final Les Trois mousquetaires apparaît comme un roman de jeunes gens qui doivent vivre des aventures avant de se trouver une situation et de s’ennuyer ferme pour le restant de leur vie. 

Bazin laissa mélancoliquement glisser l’omelette dans les épinards, et les épinards sur le parquet.

Delaroche, Les Enfants d'Edouard, 1831, Musée du Louvre, image RMN

20 ans après est moins bravache, ce qui m’a plu, mais j’ai trouvé que d’Artagnan avait une omniprésence un peu étouffante. D’ailleurs, c’est un roman de mecs et de camarades, vu que la seule femme est la reine Anne d’Autriche et qu’elle n’est pas très intéressante. À noter que comme dans les mémoires du cardinal de Retz, je n’ai pas compris grand-chose aux enchevêtrements de la Fronde.

Delaroche, 1849, Cromwell devant le cercueil de Charles I,
Saint-Pétersbourg, Ermitage, image M&M.
Mais de toute façon ce qui compte, c’est la grandeur des rois. La révolution anglaise est à la mode quand Dumas écrit, depuis Walter Scott et les peintures de Paul Delaroche ou le Cromwell de Hugo. Charles Ier d’Angleterre est un roi digne et touchant, qui permet de longs développement sur la majesté. Le roman est un hymne aux gentilshommes, les vrais, ceux qui se comportent comme des grands, contre les bourgeois et les nobles sans noblesse d'âme. Il est amusant de constater que si le roman est une rêverie nostalgique sur le monde disparu d'avant la Révolution, Athos et ses compagnons campent un monde désuet, celui de Louis XIII, au temps du Paris de La Fronde, et que leurs manières semblent déjà relever d’un autre temps.

-       Allons déjeuner, voulez-vous ?
-       Je le veux fort, dit d’Artagnan ; l’air du matin m’a mis en appétit.
-       Oui, dit Porthos, mon air est excellent.

Les dialogues de 20 ans après m'ont aussi mieux plu !
Destination PAL. Le billet de Cleanthe.

7 commentaires:

  1. As-tu vu le film qui est passé sur Dumas et Auguste Maquet. Je n'aime pas Depardieu, mais c'était plaisant à voir.
    Ca commence avec l'écriture des Trois Mousquetaires... on suit les débuts du Chevalier d'Harmental... et ils ont mis quelques bribes de Monte-Cristo.

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  3. Le film avec Depardieu et Poelvoorde n'est pas désagréable. Ma préférence va au Vicomte de Bragelonne, plus grave,plus sévère. Les personnages ont vieilli, et souvent le lecteur aussi a vieilli.

    RépondreSupprimer
  4. Je commence tout juste à me mettre à Dumas (grâce à la liseue, il faut le dire). Le prochain sera sans doute le Vicomte !

    RépondreSupprimer
  5. Ah! Mon roman fétiche! Chaque fois que je le relis je me laisse emporter, même si, avec les années, je deviens progressivement plus critique à propos des personnages. Je crois que c'est un roman qu'on apprécie mieux quand on le découvre jeune.
    Quant au Vicomte de Bragelonne il est, de loin, le roman que j'aime le moins de la trilogie et le seul que je n'ai lu qu'une fois. Je le trouve trop triste, je préfère rester sur l'image des héros jeunes et fougueux.

    RépondreSupprimer
  6. Mais c'est beau ces désaccords ! Effectivement, je crois aussi qu'il faut les lire quand on est ado, j'ai eu l'impression d'être un peu trop vieille à certains moments même si j'ai beaucoup aimé cette lecture.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").