La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 1 octobre 2013

La vie, il faut la prendre en bloc sinon, quand on trouve trop à redire, plus personne ne s’en sort.


Mariapia Veladiano, La Vie à côté, paru en 2011, traduit de l’italien par Catherine Pierre-Bon, édité en France chez Stock.

La narratrice raconte son enfance de petite fille laide. C’est ainsi qu’elle se présente. Et cela doit être vrai puisque tout le monde se détourne d’elle et l’appelle « le monstre ». Mais on n’en sait pas vraiment plus. Et le lecteur ne peut s’empêcher de s’interroger, de chercher les signes, de douter.

Elle raconte son enfance dans une grande maison de Vicence, un petite ville bourgeoise de la Vénétie, endormie dans ses beaux palais. C’est l’histoire d’une famille, d’une mère triste et recluse, d’un père gentil mais désemparé, d’une tante omniprésente. C’est tout autant l’histoire d’une petite fille laide, que d’une famille silencieuse, que d’une ville pleine de préjugés. Elle n’est peut-être pas si différente des autres enfants. Mais heureusement elle a le piano et les mots pour elle. Elle décrit pour les autres et pour elle-même leur rapport à leur corps, la façon de se déplacer, la voix, les mains.

Vicence. Image Wikipedia.
L’écriture est sobre et sensible, pleine de douceur et de calme, d’émotion contenue.
Un beau roman plein de sensibilité et d’humanité, à lire doucement pour savourer les mots ou dans lequel s’immerger pour quelques heures.
À lire.

Ainsi, je pouvais regarder mes mains : je les voyais avec stupeur engendrer les sons qui emplissaient l’air, je les suivais des yeux tandis qu’elles prenaient littéralement vie, quittaient mon corps et couraient sur les touches, s’arrêtaient sur les pauses, s’amusaient avec les trilles, ralentissaient aux dernières mesures.




3 commentaires:

  1. un joli conte moderne en effet! Bonne journée!

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  2. Bec de lièvre, bossue, ou tout simplement enfant illégitime... Je note Nathalie, ce début me plaît, sans compter le pays...

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  3. Je pense que le livre te plaira Syl.

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