La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 20 novembre 2013

Un pillage sans incendie, c’est comme une andouillette sans moutarde.


Loïc Sécheresse, Heavy Metal, Gallimard, 2013.

Une BD originale et distrayante, au titre parfaitement trompeur.

Le personnage principal est Étienne de La Hire, homme de guerre, couvert de sa lourde armure (armure en heavy metal, vous saisissez ?) et fidèle de Jeanne d’Arc. Il prend part à ses côtés à la libération d’Orléans. C’est une brute, courageuse et cruelle, tiraillé entre ses désirs (pillages, prostituées et autres) et sa dévotion à Jeanne qui interdit tout cela et même le blasphème. Ce n’est pas facile tous les jours… Lui se fiche un peu de la France et du roi mais en tant que valet de cœur ne se bat que pour elle. L’appropriation de la pensée chrétienne par cette grande brute est aléatoire, de même que Jeanne est une va-t-en guerre ne comprenant rien à la stratégie, fonçant dans le tas mais restée une fragile jeune fille.


Le ton est donc drôle, léger et sérieux à la fois.
Le langage de Jeanne a des tons anciens, semble fidèle à la vérité historique, mais personne ne comprend ces formules compliquées. Ils chargent donc au cri de « yault ».  À quoi les Anglais répondent « Go back to your cows, Slut » et « Va sucer La Hire ».
Et les dessins sont magnifiques ! Des aquarelles pleines de couleurs vives rendent compte de la fureur des combats et de la magie divine – on est aussi dans la légende. La part est faite au miracle. Les exploits transforment le héros en créature guidée par Dieu. Mais la vision des combats à travers le casque est saisissante de brutalité.
Une très agréable lecture, vous l’aurez compris.




4 commentaires:

  1. J'aime beaucoup, heureusement que France Culture en a parlé, sinon je passais à côté.

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  2. C'est de l'aquarelle, avec de grands aplats de couleur vive, très lumineux.

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