La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 24 juillet 2014

Et le modernisme s’abattit tel une bourrasque sur le Roavesavvon.

Jovnna-Ánde Vest, La Berge des rennes déchus, traduit du same par Jocelyne Fernandez-Vest, première parution en Norvège, 1988, édité en France par les éditions Cénomane.

J’ai pris ce livre, attirée par la langue d’origine, comme un récit sur les Sames, ce peuple vivant tout au Nord de l’Europe, à cheval sur la Finlande, la Norvège et la Suède. Mais il s’agit d’abord d’un fils parlant de son père.

Nous sommes dans un bout de bled, tout au Nord de la Finlande, le long du fleuve qui la sépare de la Norvège – mais on passe d’un côté ou de l’autre en trois coups de rame. Le père du narrateur ? Un éleveur de rennes, un pêcheur de saumon, qui a fait la guerre contre la Russie et qui découvre ensuite l’élevage intensif et qui s’enthousiasme pour les moyens mécaniques modernes. Le personnage est sympathique tant qu’il est à la pêche, mais devient vite insupportable dans son désir maladroit de maîtriser une modernité qui le fascine. Sans qu’il soit forcément représentatif des autres Sames, son comportement fantasque traduit pourtant les tensions qui interviennent dans les bouleversements qu’a connus ce peuple.
J’ai eu deux soucis à ma lecture : ce père est très énervant et si j’ignore tout du style du livre dans sa langue d’origine, en français j’ai trouvé cela assez plat et factuel.
Parmi les éléments qui m’ont intéressé : l’absence totale de frontière, le rapport compliqué à la modernité, l’importance du troc, la persécution qu’ont subie les jeunes Sames dans les écoles finlandaises.
C’est une entrée en matière intéressante, mais qui me laisse sur ma faim.

V. Kuusela, Dans la neige de Laponie, 1991, Ateneum.
Photo prise sur la page de l'exposition The magic of Lapland de l'Ateneum d'Helsinki.

Vint le dernier été. Au programme, il y avait comme d’habitude les travaux du début de l’été. Il fallait de nouveau labourer, herser et semer. Si on voulait avoir du foin pour les vaches en hiver, il fallait être au mieux de sa forme estivale. La terre du nord ne porte qu’une végétation rabougrie ; elle requiert de celui qui la cultive une endurance et une foi indéfectibles.

 Destination PAL. Suomi. Le billet de Dominique.

2 commentaires:

  1. j'ai beaucoup aimé ce témoignage que j'ai lu il y a environ trois ans (billet sur le blog)
    j'ai aimé le contraste et le ton souvent drôle et le portrait de ce père hors nomes ne m'a pas gêné

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'irai lire ton billet ce week-end alors (et je l'ajouterai). En fait je pense que je ne m'attendais pas à ça. C' est la raison de ma déception, mais passé 100 pages je suis beaucoup plus entrée dans le récit.

      Supprimer

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").