La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



lundi 6 octobre 2014

Je suis quand même dans tous les domaines un petit peu « à la limite inférieure de la courbe ».

Jean-Paul Didierlaurent, Le Liseur du 6h27, paru en 2014 au Diable Vauvert.

Un roman qui déploie la poésie au sein du quotidien le plus trivial et qui est donc un plaisir de lecture.
Le narrateur, Guylain, a une existence qui ne l’intéresse guère. Il travaille au pilon, dans une usine où les livres sont détruits, auprès de collègues grossiers. Il partage sa vie avec Rouget de l’Isle, un poisson rouge. Pas de quoi faire un roman, me direz-vous. Oui, mais il y a des lueurs de poésie : la lecture à haute voix dans le RER chaque matin, un homme qui ne parle qu’en alexandrin, un cul-de-jatte à la recherche de ses jambes. Et Julie.

Tandis que le jour naissant venait s’écraser sur les vitres embuées, le texte s’écoulait de sa bouche en un long filet de syllabes, entrecoupé ça et là de silences dans lesquels s’engouffrait le bruit du train en marche.

J’ai aimé l’union entre la simplicité triste et quotidienne de l’existence la plus commune et les moments de magie loufoque offerts par trois fois rien d’originalité, parce qu’il ne manque pas grand-chose pour embellir le quotidien. Ce roman est une sorte de conte réaliste, si l’on peut dire.
 
Travaux de construction de la gare Créteil-Pompadour en mars 2012. Image Wiki.
Dans Une trop bruyante solitude, Bohumil Hrabal parle d'un homme vivant dans une société glacée travaillant lui aussi au pilon, sans doute un lieu doué d'une poésie particulière.

L’alexandrin les prenait de court. Les rimes leur tombaient dessus, les asphyxiant aussi sûrement qu’une volée de coups portée en plein plexus.


En plus, ce livre contient un hymne aux chouquettes de mes mercredis midis d'enfance.
L'avis de Du bruit dans les oreilles, de Liliba, de Meelly et de Clara.

2 commentaires:

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