La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



jeudi 6 novembre 2014

Vous trouverez cela ridicule, sans doute ?

Guy de Maupassant, Contes de la bécasse, 1883.

Un recueil de nouvelles, plus que de contes, dont l’encadré est une bonne maison bourgeoise où les hommes aiment chasser. Les intérêts sont variés : la campagne normande, le désert d’Afrique, le petit village normand ou la ville anonyme.
Encore une fois je suis frappée par la capacité de Maupassant à raconter si précisément la vie intime des femmes. Comme dans Une vie, ce grand misogyne montre toute sa finesse psychologique. Il raille aussi avec affection la crédulité et la cupidité de ses héros (le commerce des reliques des saints est par exemple un morceau très réussi). Plusieurs nouvelles ont pour contexte la guerre de 70 : les Prussiens sont présents dans la campagne et font face aux Normands.

Corot, Le Bouleau, 1870, Musée des beaux-arts de Marseille, M&M.
C’était l’automne, la saison rousse. Les feuilles voltigeaient sur les gazons comme des volées d’oiseaux. On sentait traîner dans l’air des odeurs de terre humide, de terre dévêtue, comme on sent une odeur de chair nue, quand tombe, après le bal, la robe d’une femme.

Plusieurs des contes de la bécasse ont été repris dans le recueil Contes et nouvelles de la campagne.

J’ai toujours devant les yeux deux ou trois choses que d’autres n’eussent point remarquées assurément, et qui sont entrées en moi comme de longues et mines piqûres inguérissables.

Le texte est rapide, mais tout est dit, sobrement, efficacement, précisément.


4 commentaires:

  1. Un régal que la plupart des contes et nouvelles de Maupassant.

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  2. J'ai lu ce livre dans ma jeunesse. Je me rappelle des histoires avec les prussiens...

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    1. Oui, il y en a plusieurs, qui disent bien toute l'ambiguïté de ce qui se passe alors dans les campagnes.

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