La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 4 février 2015

Les instructions étaient simples : poser, amorcer, s’en aller.

Eric Descamps, Alvéoles, Atine Nenaud, 2011.

Un thriller comme je n’en lis jamais et très réussi !

Je n’ai pas envie de vous raconter le fil conducteur de ce roman qui possède tous les bons ingrédients pour un suspense réussi : le grand complot mené par une multinationale, des individus pris par hasard dans un filet de menaces, le couple prédestiné à s’aimer, le pirate informatique, la belle guerrière, les tueurs froids et anonymes… Le lieu de l’action : Bruxelles et ses institutions européennes, la Suisse et ses laboratoires discrets, le Vercors et sa nature sauvage. L’époque : la nôtre.
Le contexte est même contemporain à plusieurs titres, ce qui contribue grandement à l’intérêt du roman. Le complot imaginé s’inscrit en effet étroitement au cœur des institutions européennes (je me demande si cet aspect ne risque pas de vieillir assez vite). Il repose en partie sur un piratage informatique (auquel je n’ai pas vraiment tout compris, mais ce n’est pas grave) et en partie sur l’angoisse écologique et la nécessité de maîtriser les ressources agroalimentaires de la planète. Les Alvéoles sont celles des abeilles et les agencements de la société, mais aussi des structures informatiques (et les réflexions du grand méchant sur la société sont intéressantes à cet égard). Difficile de ne pas penser au roman LeSang des fleurs qui, sans être un triller, campe un climat apocalyptique lié lui aussi à la disparition des abeilles et qui utilise les blogs, les forums de discussion et les campagnes d’information virales comme une technique de narration. Il faut croire que ces thématiques sont résolument d'aujourd'hui.
Alvéoles d'abeilles. Wikipedia.
Si je n’ai jamais vraiment douté de l’issue du roman (parce que difficile de faire de la littérature quand on a cassé sa planète), la narration alternée entre différents points de vue joue efficacement avec les nerfs du lecteur. J’ai quelquefois eu du mal à me repérer entre les prénoms – est-ce pour cela que ma sympathie va à Milos, que je n’ai eu aucun mal à identifier ?

L’avis d’une petite Belge qui trouve le livre un peu trop plein (bémol que je n’ai pas ressenti, mais que je comprends parfaitement).

Merci aux éditions Atine Nenaud pour cette lecture.


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