Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

lundi 14 septembre 2015

Cela a fait peur aux gens sans doute qu'un homme puisse vivre sans passé.

Jean Anouilh, Le Voyageur sans bagage, pièce créée en 1937.

J'avais lu cette pièce au collège et je suis ravie de cette relecture rafraîchissante.
Nous sommes 18 ans après la fin de la Première guerre mondiale et on amène un amnésique baptisé pour l'occasion Gaston à une riche famille dont le fils est porté disparu. On comprend très vite que d'autres familles se disputent l'homme et que le fameux fils est un sale type. La pièce raconte la façon dont Gaston est accueilli par la maisonnée et surtout la façon dont Gaston reçoit ce portrait de lui-même qui n'est pas du tout celui auquel il aspire. Le ton de la pièce oscille entre théâtre de l'absurde et existentialisme : Gaston est cet homme qui a la possibilité de tout recommencer. En dépit du caractère très sérieux du sujet, le ton est celui de la conversation aristocratique, légère, jouant sur les mots, d'une amertume sans lourdeur.

C'est un mot d'amnésique. Nous autres, qui avons notre mémoire, nous savons qu'on est toujours obligé de choisir une direction dans les gares et qu'on ne va jamais plus loin que le prix de son billet...
 
Jean Anouilh par le Studio Harcourt, 1940, médiathèque de Charenton-le-Pont, RMN
Le Bal des voleurs, pièce créée en 1938.

Dans une station balnéaire se croisent trois voleurs, experts (enfin…) en déguisement et en quiproquos, et une riche famille anglaise avec deux filles à marier. C'est une farce où chacun s'invente une identité et puis en change, où l'on se moque beaucoup et où l'amour triomphe.
Par là-dessus, la clarinette joue des airs pour souligner l'humeur du moment.

Tu n'as pas de bons yeux. Je joue un rôle. Je le joue bien comme tout ce que je fais, voilà tout. Toi, tu joues mal le tien ! Petite fille, petite fille, vous serez toujours poursuivie par des désirs qui changeront de barbes sans que vous osiez jamais leur dire d'en garder une pour les aimer.

4 commentaires:

  1. Là je suis replongée dans mes (lointaines) années de lycée, pendant lesquelles j'ai lu (et étudié?) ces pièces...

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    1. La majorité des gens qui ont lu ces pièces les ont lues pendant leur scolarité je pense (à part les enseignants qui les lisent au boulot).

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  2. Je ne les connais pas, mais ça m'intéresse!

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    1. Des pièces de théâtre, très vite lues et très intéressantes, très ancrées dans leur époque.

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