Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

jeudi 5 mai 2016

Ses talons ailés ont la vivacité de l’océan.

Jack London, « Lorsque l’homme frappe l’homme. » Chroniques sportives, textes parus entre 1901 et 1913, choisis par Benoît Heimermann, traduction par Jacques Parsons, Francis Lacassin, Charles-Noël Martin, Claire Desserrey et Éric Vibart.

Jack London fut journaliste sportif et ce recueil rassemble des textes consacrés à la boxe, au surf, à la voile et au tir.
London sait se battre et ce rapport intime au corps, aux muscles et à la violence nourrit véritablement ses textes sur la boxe. Il faut noter que l’on est à un moment particulier de l’histoire de la boxe, celui où des boxeurs noirs l’emportent sur des boxeurs blancs (et aux États Unis, cela ne fait rire personne et surtout pas London). En dépit de ses propres opinions racistes, London couvre l’événement avec objectivité et ne rechigne pas à reconnaître la supériorité du boxeur noir. Ces chroniques sont l’occasion d’en appeler à la nature sauvage, virile et puissante (pas forcément le meilleur).

Et c'est là une chose que ne peuvent comprendre les non-initiés. Tandis que ceux qui savent regardaient et exaltaient la parfaite condition de Jeff, quelques-uns disaient naïvement leur surprise de voir la douceur de ses contours et la couche de graisse qui l'enveloppait. De la graisse, il n'y en a pas une once chez lui. ces monticules aux doux contours, ces crêtes, ces bourrelets sont du muscles, et de la qualité la plus belle qu'on puisse trouver chez un homme. On pourrait aussi bien dire qu'un chat est gras sous prétexte que, lorsqu'il est détendu, ses muscles prennent une douceur veloutée. C'est l'expression qui décrirait le mieux l'état dans lequel se trouvent actuellement les muscles de Jeff : une douceur veloutée, splendide et superbe.
Sérigraphie, 2008, Centre Pompidou, RMN.
Le texte le plus remarquable du recueil est à mon sens celui où London découvre et apprend le surf au hasard d’un séjour à Waïkiki. Cet épisode donne lieu à une magnifique évocation de la puissance de la vague et de la magie qu’il y a à glisser sur l’eau. L’auteur s’émerveille de l’ingéniosité humaine et rend grâce au soleil et à la mer. C’est une découverte.

Il a littéralement sauté sur le dos de la lame et chevauche la mer qui rugit et rue de toutes ses forces sans parvenir à le désarçonner. Mais il poursuit sa chevauchée impériale, impassible, immobile comme une statue soudainement sortie des profondeurs de la mer par on ne sait quel miracle. Il file droit vers le rivage sur ses talons ailés noyés dans les crêtes blanches des brisants.

Un documentaire sur la boxe à cette époque, avec les combats entre français et américains, entre blancs et noirs.



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