La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



lundi 12 septembre 2016

Tout pendouille, sur moi : mon blazer comme ma chair.

Nathan Larson, Le système D., traduit de l’américain par Patricia Barbe-Girault, parution originale 2011, édité en France par Asphalte.

Le narrateur est un homme étrange, nommé Dewey Decimal, vivant dans la bibliothèque de New-York, ancien militaire, amnésique, homme de main d’un procureur. Le monde a changé après un certain 14 février : crises économiques, série d’attentats à l’explosifs, super grippe, montée des eaux contaminées par on ne sait quoi. On n’en saura pas le détail, mais ce qui est certain c’est que l’on se trouve dans un monde défait où l’essentiel est de sauver sa peau. Le héros se voit charger d’éliminer un mystérieux Ukrainien – et évidemment cette mission va lui apporter pas mal d’ennuis, puisque nous sommes dans un roman noir.

Le procureur est vénère. NB : même quand il est pas vénère, il parle trop fort, aucun sens des convenances. Comment ça s’appelle, cette maladie, déjà ? Quand on a des difficultés significatives dans les interactions sociales. Comment ça s’appelle ? J’ai des images d’asperges qui me viennent en tête, une forêt d’asperges, même.
F. Biesmans, Small take place 1, 2015 céramique, collection privée, M&M.
Des anciens de la guerre de Yougoslavie, une femme fatale très fatale, un genou en titane, pas mal de balles perdues et de castagnes… C’est un roman qui allie l’aventure, l’exploration d’une ville pas très loin de l’apocalypse avec une intrigue quand même policière et qui se lit d’un trait.
Le charme vient beaucoup de Dewey, dont le lecteur ne sait pas grand-chose. Amnésique et maniaque, doté d’un système de lois intérieures pour régir sa vie (comme uniquement tourner à gauche le matin), en proie à des TOC, totalement obsédé par les miasmes, les microbes et autres trucs transmissibles, au premier abord on n’a pas l’impression qu’il soit fait pour l’aventure, préoccupé de son costume et de son look de privé des romans noirs des années 30. Bien sûr, on se trompe. L’humour vient aussi du fait que Dewey qui vit dans une bibliothèque a des réminiscences de noms de jazz ou de littérature, mais c’est un peu confus dans sa tête. Ses réflexions offrent un joyeux contraste avec cet environnement maffieux et criminel.
Je vous recommande !

Prends la 495 et poursuis ma route jusqu’à l’embranchement pour la 678, sur laquelle je m’engage, le tout en parfait accord avec le Système, qui prévoit une alternance impair/pair s’agissant des numéros de route. Prends la sortie 13 SW. Par respect pour le Système, je tourne uniquement à gauche : ça me fait faire quelques détours, c’est vrai, mais je finis par arriver à Mowbray Drive.


Merci Marie-Neige pour la lecture.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont libres mais ça empêche pas chacun d'être responsable de ce qu'il/elle écrit (ou, comme le dit une amie, "Ce n'est pas une raison pour faire les cons").