Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

vendredi 14 octobre 2016

Elle offrait à chaque visiteur comme un instantané du parent d’Amérique.

Leonardo Sciascia, La Tante d’Amérique, traduit de l’italien par Mario Fusco, nouvelle parue dans le recueil Les Oncles de Sicile, parution originale 1960.

Cette longue nouvelle (70 pages) prend place dans un village de Sicile à la fin de la Seconde guerre mondiale. C’est un petit garçon qui raconte, avec naïveté et effronterie. Au début on attend le débarquement des Américains et puis ensuite c’est la tante d’Amérique qui arrive avec toutes ses malles, son argent, ses enfants.

Les troupe étaient notre grande ressource, elles furent une grande ressource pendant toute une année. Les hommes fumaient de tout, à ce moment-là. Mon oncle avait essayé les feuilles de vigne arrosées de vin et passées au four, les feuilles d’aubergine arrosées de vin et de miel, puis séchées au soleil, le foin des artichauts macéré dans du vin et séché au four ; mais pour une troupe, il payait jusqu’à une demi-lire.
Une tata possible par Niki de Saint-Phalle, M&M
Le récit est étroitement ancré dans son contexte. Il est question de la politique italienne, des revirements des différents personnages du village et de la crainte des communistes. Les mœurs sont un peu datées, surtout entre hommes et femmes. Mais bien sûr le corps du récit est constitué par le personnage de la tante, rêvant de sauver tout le monde de la pauvreté, attendant de la reconnaissance, un peu déçue de ne pas trouver ses neveux mourant de faim.
De beaux portraits, tracés avec beaucoup d’humour.
  
Dans le hall de l’hôtel, ma tante renifla, la tête haute, demanda s’il y avait l’air conditionné, une salle de bains, des douches, des prises pour le rasoir électrique et la radio. Elle ne se tenait pas pour entièrement satisfaite, et dit à mon père : « C’est vraiment le meilleur ? » Mon père dit que Wagner, le Kaiser et le général Patton y étaient descendus, et ma tante se laissa convaincre.

De Leonardo Sciascia, j'ai aussi lu La Mer couleur de vin.

L'avis de Taralliezaletti.
Le mois italien chez Eimelle.


2 commentaires:

  1. J'ai beaucoup aimé La Mer couleur de vin et j'ai Le Contexte sur l'étagère.
    Cette longue nouvelle a l'air bien aussi.

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    1. En dehors de La Mer couleur de vin (dont le titre m'avait intriguée) je n'ai rien d'autre. Mais j'ai vu que des textes ont été réédités récemment, alors j'en lirai peut-être.

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