Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

mardi 24 janvier 2017

J’étais couché dans un lit écrasant d’Histoire et je lisais et je lisais.

Antal Szerb, La Légende des Pendragon, traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, parution originale 1934, publié en France chez Viviane Hamy.

Des aventures policières et gothiques ! (tout ce que j’aime)

Le narrateur, jeune intellectuel hongrois vivant à Londres, se voit invité par le mystérieux comte Pendragon à séjourner dans son château du pays de Galles pour profiter des trésors de sa bibliothèque. À partir de là s’ensuivent une rencontre avec un Irlandais extravagant et avec une femme fatale et un appel menaçant. Au Pays de Galles, notre héros (qui n’en est pas vraiment un) découvre un château en ruines, la légende des Rose-croix, un fantôme à cheval et des balles bien réelles.

Je fus envahi de cette chaleur incomparable que je ressens à chaque fois que je vois une grande quantité de livres ensemble. À ces moments, mon seul désir est de me vautrer, de me baigner dans les livres, de sentir les livres par tous les pores de ma peau.
J. et D. Chapman, One day you will no longer be loved II, 2008, coll. privée, M&M.
Nous sommes à la fois dans un roman policier, car il est question d’une succession et de tentatives de meurtre, dans un roman d’aventures avec séquestration, chantage et menace, dans un roman fantastique, car que fait ce cavalier mort plusieurs siècles auparavant dans la campagne, le tout avec un hommage vibrant aux romans gothiques (ruines, tombeaux qui s’ouvrent, cérémonies diaboliques) et surtout avec beaucoup d’humour – on est quand même au XXe siècle. Le héros se moque de ses capacités, fait des hypothèses hardies, hésite entre deux femmes, tout en étant parfaitement cynique s’il le faut. Je me suis bien amusée.

Quand nous montâmes en voiture, il faisait déjà nuit. Le vent furetait impatiemment entre les arbres de la forêt que nous traversions et, de temps en temps, la pleine lune montrait son grand visage rougeoyant. À ces moments, on pouvait voir la fuite sauvage, exaltée mais néanmoins silencieuse des nuages vers l’est.


L’avis de Lili M.

2 commentaires:

  1. Totale découverte : auteur et roman complètement inconnus mais très tentants. Il a l'air de s'en passer des choses...

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    1. Oui, c'est très court, mais il y a de l'action. Découvert grâce à Exploratology.

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