Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

mercredi 1 février 2017

Bien sûr, on a fait mieux depuis.



Luz, Ô vous, frères humains, d’après l’œuvre d’Albert Cohen, 2016.

Un album magnifique.
Ceci est l’adaptation dessinée de ce récit autobiographique d’Albert Cohen, racontant comment, à 10 ans, à Marseille, il s’était pris une insulte raciste en pleine tête et l’effet ressenti par un petit garçon (Marseille, je ne suis pas fière de toi). L’album est magnifique et bouleversant. Par le dessin, Luz parvient à montrer comment l’insulte raciste salit celui qui la reçoit et celui qui la prononce. Toute la ville et tous les humaines, et même les objets et les animaux, prennent brutalement le visage de la haine, de la bêtise et de l’humiliation. C’est une insulte que le petit Albert intègre et s’approprie, comme si elle était vraie, comme si le racisme lui sommait de se justifier et le rendait responsable de tout cela.
C’est le vieil Albert Cohen qui raconte cette histoire, bien des années après. Il suit le petit garçon d’alors comme une ombre, veillant sur lui, mais impuissant à le protéger. Des images très fortes, presque insoutenables, montrent cet enfant étranglé, asphyxié, englouti par la haine ordinaire, impuissant à se défendre devant un monde subitement devenu hostile.
La souplesse du trait de Luz forme et déforme insensiblement les traits qui prennent l’allure de caricatures et de créatures fantastiques. Le jeu des noirs et des vides est d’une grande puissance.




2 commentaires:

  1. Il y a une expo en ce moment autour de cet album au musée d'art et d'histoire du judaïsme : si j'étais parisienne, j'irais la voir...

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    1. C'est un musée qui fait de bonnes expo en général. Dommage de ne pas être sur place.

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