Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

samedi 18 mars 2017

Le socle des montagnes fume de trop de brouillard…

Philippe Jaccottet, poème issu du recueil Pensées sous les nuages, 1983.

Maintenant nous montons dans ces chemins de montagne,
parmi des prés pareils à des litières
d’où le bétail des nuages viendrait de se relever
sous le bâton du vent.
On dirait que de grandes formes marchent dans le ciel.

La lumière se fortifie, l’espace croît,
les montagnes ressemblent de moins en moins à des murs,
elles rayonnent, elles croissent elles aussi,
les grands portiers circulent au-dessus de nous –
et le mot que la buse trace lentement, très haut,
si l’air l’efface, n’est-ce pas celui que nous pensions
ne plus pouvoir entendre ?

Qu’avons-nous franchi là ?
Une vision, pareille à un labour bleu ?

Garderons-nous l’empreinte à l’épaule, plus d’un instant,
de cette main ?

2 commentaires:

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