La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



lundi 19 novembre 2018

Comme tous les écoliers québécois, son héros avait été Samuel de Champlain.

Louise Penny, Enterrez vos morts, roman traduit de l’anglais canadien par Claire Chabalier et Louise Chabalier, parution originale 2010, édité en France chez Actes Sud.

L’inspecteur chef Armand Gamache prend quelques jours de repos chez son ancien supérieur dans la bonne ville de Québec. Quand soudain… le corps d’Augustin Renaud, un archéologue amateur super archi fan de Samuel de Champlain, est découvert dans le sous-sol d’une bibliothèque d’histoire anglophone. Fin du repos et reprise de l’enquête, avec le soutien de Henry, le berger allemand.
C’est le troisième roman que je lis de cette série. J’avais beaucoup aimé le premier, Nature morte, où Gamache et son adjoint Jean-Guy Beauvoir découvraient le petit village de Three Pines, une communauté chaleureuse très sympathique, et le deuxième, Sous la glace, où le meurtre venait conclure un match de curling – so canadian. Enterrez vos morts est apparemment le sixième volume de la série.
Je commence par ce qui m’a déplu. L’intrigue principale, le meurtre survenu à Québec, se mêle à deux autres : l’une raconte une opération précédente de la police ayant très mal tourné, Gamache et Beauvoir en subissant le traumatisme, et l’autre raconte comment Beauvoir reprend une enquête sur un autre meurtre, car il semble qu’un innocent ait été arrêté. Deux intrigues secondaires, qui sont donc racontées partiellement, c’est beaucoup. Elles ne sont pas traitées complètement et il est difficile de s’y intéresser réellement.
Mais le point fort, c’est la ville de Québec ! Quel plaisir de marcher dans les rues de cette cité, au milieu des touristes, sur la terrasse qui domine le fleuve, puis de boire un truc réchauffant au café du château Frontenac. Il faut dire que c’est l’hiver. De plus, une partie de l’intrigue tourne autour de la personne de Samuel de Champlain, un français que seuls les Québécois connaissent, car il est le fondateur de la ville de Québec, autant dire un des créateurs de ce nouveau monde ! Les considérations sur le XVIIsiècle sont franchement naïves, mais le roman évoque très bien les enjeux symboliques forts du personnage, tant pour les anglophones que pour les francophones. La place des anglophones à Québec fait d’ailleurs l’objet de considérations très intéressantes et rappelle les débats contemporains qui agitent la province. Il est aussi question de James Cook, de Bougainville et des savants excentriques du XIXsiècle. Tout cela donne furieusement envie de retourner à Québec (mais pas en hiver) !
Donc, un roman mal fichu, mais qui m’a bien plu.
Caricature présentée au musée de Gatineau.


Au lieu de se rendre directement au Château Frontenac, il décida d’aller marcher sur la terrasse Dufferin, la longue promenade en bois attenante à l’hôtel et qui dominait le fleuve Saint-Laurent. En été, elle était envahie par des vendeurs de crème glacée, des musiciens et des gens se relaxant dans les kiosques. En hiver, le vent humide et glacial cinglait le visage des piétons, leur coupant le souffle et leur arrachant presque la peau. Malgré tout, des gens venaient se promener sur la terrasse, parce que la vue y était si grandiose.

Une autrice. Penny est anglophone, pas du tout québécoise, mais vu le lieu de l'action, ce roman me semble tout à fait indiqué pour le mois de novembre, le mois du Québec sur les blog.

Une récente découverte archéologique à Québec a mis la main sur des fortifications de 1693, on est en plein dans le sujet. Je ressens encore plus le décalage avec la côte Ouest du Canada où l'arrivée des Européens est tellement récente !


4 commentaires:

  1. ouh j'ai l'impression que je n'ai jamais lu celui là alors je note j'aime bien Gamache

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    1. Tu as compris que j'étais mitigée, mais j'espère qu'il te plaira. Moi aussi j'aime bien ce policier !

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  2. Je suis loin de ce volume car je devrais lire le 3ème...
    Une série qui cartonne ce mois-ci !
    Syl.

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    1. Je n'en ai lu que 3 aussi, vu que j'ai lu le 1, le 2 et le 6... J'essaie de ne pas tout lire trop vite.

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