La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 28 décembre 2018

On n’a jamais vraiment voyagé tant qu’on n’est pas rentré chez soi.

Terry Pratchett, Les Annales du Disque-Monde, traduit de l’anglais par Patrick Couton. Édité en France par l’Atalante.

C’est ici que le langage courant abandonne la partie et va prendre un verre.

La Huitième couleur, 1983.
Ici le lecteur découvre la cosmogonie du Disque : une vaste étendue de terre, entourée d’eau, portée par quatre éléphants gigantesques, eux-mêmes supportés par A’Tuin, la tortue géante qui nage dans le cosmos. Et en plus il y a des dieux qui jouent aux dés et beaucoup de magie, quoique pas toujours bien maîtrisée. Nous faisons connaissance aussi avec plusieurs personnages : Rincevent, mage raté, mais plutôt dégourdi, Deuxfleurs, un touriste, cette forme de créature jamais concernée par ce qui arrive aux autres et qui trouve tout « pittoresque », ainsi que le Bagage, un genre de valise à pattes et à dents.
Vous y êtes ? Nos héros survivront à l’incendie d’une ville, à pas mal de bagarres, à la rencontre avec un monstre à tentacules et avec diverses autres créatures et passeront même par-dessus le Bord.

« ÇA NE TE FERA PAS MAL », dit la Mort. Si les mots avaient eu du poids, une seule de ses phrases aurait suffi pour ancrer un navire.
 
Le genre de créature que l'on peut croiser chez Pratchett.
Détail de la Tenture d'Histoire de Diane, 1550, Château d'Écouen.
Le Huitième sortilège, 1986.
C’est la suite directe du précédent (autant lire les deux volumes d’affilée). Nous voici très proches de la fin du monde, mais Deuxfleurs tente d’apprendre à jouer au bridge à La Mort, à la Guerre et à leurs amis et les trolls s’avèrent être de sympathiques rochers (ou l’inverse).

« C’est un sortilège de Changement, fit Trymon. Le monde est en train de changer. »
J’en connais, songea Galder, lugubre, qui auraient eu la décence de mettre un point d’exclamation à la fin d’une constatation pareille.

Cela faisait plusieurs années que je ne m’étais pas plongée dans l’univers de Pratchett et cela a été un plaisir de le relire. Ces livres sont courts (moins de 200 pages), mais sont riches en références, jeux de mots débiles, renvois à diverses mythologies ou réalités de la vie contemporaine, clins d’œil… vous l’aurez compris, avec beaucoup d’humour. C’est aussi un auteur qui fait preuve de tendresse envers ses personnages et son univers (oui, même la Mort qui parle uniquement en majuscules) et se moque de nous de façon tout à fait caustique. Une lecture complètement rafraîchissante !
Il y aussi un troll appelé Vieux Pépé.

Lorsque les premiers explorateurs des pays chauds riverains de la mer Circulaire s’aventurèrent dans le froid de l’arrière-pays pour compléter les espaces blancs de leurs cartes, ils sautaient sur le premier indigène venu, désignaient au loin un point de repère, demandaient ce que c’était d’une voix forte et claire et notaient ce que leur répondait l’homme stupéfait. Ainsi restèrent immortalisés dans des générations d’atlas des bizarres géographiques telles que « Rien-qu’une-Montagne », « Je-Sais-Pas », « Quoi ? » et bien entendu « Ton-Doigt, Crétin ».

4 commentaires:

  1. Cela devrait me plaire,il faut juste savoir par quoi commencer...

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  2. Jusqu'ici, je n'ai jamais réussi à accrocher à Pratchett malgré différentes tentatives. Je ne comprends pas pourquoi en plus : à chaque fois, les citations que je lis me donnent trop envie. Celles de ton billet ne font pas exception. Il faut que je retente. Jusqu'ici, ça ne devait pas être le bon moment, je ne vois que ça.

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    1. Tous les titres ne se valent pas non plus. Une amie trouve qu'il a du mal à démarrer, moi je trouve plutôt qu'il y a souvent un creux dans le milieu (si jamais tu partages nos deux opinions, on est mal). Pour moi c'est une bonne lecture de transport longue distance, avion ou train, ça permet de ne pas voir passer les heures interminables.

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