La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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mercredi 17 avril 2019

Si t’es riche, faut rien dire et puis rien dépenser. C’est un peu nul.

Appollo (scénario) et Lewis Trondheim (scénario et dessin), Île Bourbon 1730, 2007, Delcourt.

L’histoire de ce gros album se passe à l’île Bourbon (à la Réunion donc) en 1730. Nous avons deux naturalistes parisiens qui cherchent des oiseaux rares et notamment un dodo. L’un des deux, Raphaël, est fasciné par l’imaginaire pirate. Et puis, nous avons des nègres marrons, échappés des plantations de café, qui se cachent dans la forêt. Des propriétaires d'esclaves qui les chassent. Et puis, nous avons d’anciens pirates, qui ont bénéficié d’une amnistie, qui boivent et dissertent sur un trésor caché. 
Cet album s’appuie en premier lieu sur notre imaginaire. Les explorateurs qui cherchent des espèces animales disparues ou nouvelles, ceux qui écoutent les histoires de pirates et de trésor comme des contes, ceux qui rêvent à la vie dans les îles… les voici rappelés à la réalité. Raphaël ira de désenchantement en désenchantement… à moins qu’il ne choisisse d’écouter la voix des légendes ! La vieille littérature, celle de Defoe, mais aussi celle de Voltaire, n’est jamais loin. Le Code noir non plus.
Côté dessins, nous avons un trait noir sur fond blanc, des personnages à tête animale, un graphisme un peu crayonné. Rien n’est embelli, tout est détaillé. Les personnages sont tout petits dans une nature immense.
À la fin, des notes précises ce qui est vrai et ce qui est faux (on a vraiment amnistié les pirates à l’île Bourbon).
Une évocation réussie à mon sens !





mercredi 21 septembre 2011

Avec une grenouille. On la gonfle, on attache l'oeil en dessous et on remorque le tout.

Donjon. Monsters. 2. Le Géant qui pleure. Scénario : Joann Sfar et Lewis Trondheim. Dessins : Jean-Christophe Menu. Couleurs : Walter. Paris, Delcourt, 2001.

(aujourd’hui, Nathalie découvre l’eau tiède)

Cela faisait un paquet d’années que je voulais lire des épisodes du Donjon ; je suis enfin passée à l’acte la semaine dernière. Et je ne regrette pas évidemment la découverte de cette série de bandes dessinées.
Des héros improbables et ridicules qui partent dans des quêtes au but insignifiant et qui y parviennent sans trop l’avoir fait exprès. Une parodie baroque des univers d’heroic fantasy, avec un gardien, des dizaines de personnages, des monstres et des magiciens, des trucs et des machins.
Ici Alcibiade, oiseau magicien du Donjon, possède un œil appartenant au géant Biscara. Or cet œil se met brusquement à pleurer, inondant ainsi la construction. Il faut donc partir soigner le chagrin du géant. Une bête histoire d’amour : Biscara est amoureux de Sonia, qui le repousse« Bin, c’est comme la chiasse, ça se soigne et on s’y connaît très bien. Montrez-nous la femme, qu’on la rende amoureuse ».
Les tours de magie sont foireux, la belle emprisonnée dans son château s’envoie en l’air avec des inconnus pendant que son légitime épluche les patates, on peut gonfler un hérisson pour en faire un ballon, le papillon fait « pout pout », etc. C’est drôle, irrévérencieux et barré. Cela fait du bien. Et il y a des dizaines de volumes, quel bonheur !


Le site de références : Les murmures du donjon