La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



vendredi 13 avril 2012

Le pays finit de somnoler dans sa feinte innocence.


Richard Powers, Le Temps où nous chantions, traduit de l’américain par Nicolas Richard, 1e éd. 2003, Paris, Le Cherche Midi, 2006.

Je laisse la parole à Bernard pour un livre que j'aurais dû lire pour le défi les 12 d'Ys mais dont les premières pages ne m'ont pas convaincue, je réessaierai, je pense.

  Il faut goûter ce livre. Quitte à le prendre par petites doses. Tentez un chapitre au hasard, un pur plaisir de lecture : finesse des descriptions, subtilité des sensations, rythme des mots, des phrases.
  Trois enfants issus d’un couple mixte traversent l’histoire américaine des années 45/50 à la fin du XXe siècle. Ils seront artistes, chanteur lyrique international pour le premier, pianiste accompagnateur pour le deuxième. La benjamine militante radicale des droits civiques et Blacks Panthers notoire aura aussi à sa manière une vie hors normes. Quant aux parents ils sont les précurseurs d’un mode de vie qui ne fait pas l’unanimité à l’époque.  
  Presque 1000 pages, un pavé ! Mais le sujet est magnifiquement traité. Les rapports humains sont disséqués et le contexte politico social parfaitement rendu tout comme les souffrances qui ont construit ce pays, la modernité et les archaïsmes dont il est capable. 
  Il est certain qu’être noir aux Etats Unis n’a jamais été  facile mais à ce point !  L’american way of life en sort sérieusement ébranlé. Pourtant en se façonnant autour de douloureuses épreuves  ces personnages  reflètent l’immense bonheur de vivre les vies qu’ils ont choisies.   Mais quel combat !
Nicolas Richard  signe la traduction de cet ouvrage. La maîtrise parfaite d’une langue ne suffit pas ; il faut en plus une connivence, une intime complicité mais surtout la magie qui permettra de changer la langue d’un livre en lui laissant toute sa puissance. Qu’un hommage soit rendu à ces artistes qui mettent à notre portée une littérature mondiale qui, sans eux, resterait  inconnue dans sa substance pour la plupart d’entre nous.

Le début :
Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer.

La clarinette de M&M par M&M.



10 commentaires:

  1. Rrr ! Celui là je veux le lire depuis au moins deux ans mais je ne me suis jamais décidée à franchir le cap, sans trop savoir pourquoi. En tout cas, ta très bonne critique chatouille encore plus cette envie de le lire !

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  2. Oui moi aussi j'ai lu/entendu de très bons avis mais je n'ai pas réussi à le commencer. Il faudra peut-être que je réessaye plus tard.

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  3. Un roman que j'avais abandonné, sans envie de le reprendre.

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  4. Moi je lui laisse encore un espoir... mais bon...

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  5. u trés bon roman!

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  6. oui je me souviens que tu avais beaucoup aimé.

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  7. oui je me suis laissée pdre au bout de quelques pages, le thème de l'amour de la musique est développé concomitamment à celui du racisme anti-noir tout le long de ce gros roman de 1000 pages.
    L'auteur a été présenté récemment à la grande librairie: francois busnel(rédacteur du magazine lire)a visité plusieurs écrivains américains.

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  8. Je réessaierai mais pas tout de suite, là ce ne devait pas être le bon moment.

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  9. catherine bibliothècaire13 juillet 2012 à 14:27

    j'ai trouvé les personnages même si ce sont des archétypes attachants, pas trop toi si j'en retiens ce que tu écris. Ta critique donne pourtant envie de lire le livre.

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  10. C'est l'essentiel. C'est pour cela que j'ai aussi rappelé le billet de Bernard, pour avoir un avis différents.

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