Le vent se lève ! . . . il faut tenter de vivre !
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !

Paul Valéry

lundi 8 août 2016

Il prit Betta dans ses bras sucrés pour qu'elle enfourne le gâteau.

Giambattista Basile, Le Conte des Contes, traduit du napolitain par Myriam Tanant, publié de façon posthume en 1634-1636, édité en France chez Libretto.

Des contes de fées, mais avec une écriture merveilleuse.

Le volume réunit une sélection de 10 contes sur la cinquantaine composée par l'auteur. Ce sont des contes de fées, les filles y sont belles et les princes tombent amoureux au moindre coup d'œil. Mais la langue en est tellement vivante ! Les comparaisons sont très concrètes, voire franchement triviales, le propos est sensuel ou érotique, les insultes sont celles de la vie courante, tout cela est drôle et truculent.

La fée eut pitié en voyant son pauvre amoureux qui se débattait, s'arrachait les cheveux, était devenu tout petit et tout maigre et avait pris une couleur d'Espagnol malade, de lézard vermivore, de jus de chou-fleur, de jaunisse, de cul de becfigue, de pet de loup.

Une femme naît d'un rameau de myrte, un prince déjà marié fait un enfant à une princesse endormie, un roi pète, il y a des objets enchantés, une jeune fille se fabrique un mari en pâte d'amande… On retrouve des versions de contes connus, comme Cendrillon, mais ici tout a plus de vie et la version de Peau d'âne est hilarante. Chaque conte est suivi d'une maxime populaire qu'il est censé illustrer. C'est vraiment savoureux.
 
Savoldo,  Marie-Madeleine, vers 1530, National Gallery de Londres, RMN
Mais ce ne fut pas un doigt qu'elle montra au souverain, ce fut une brindille pointue qui lui berça le cœur ! Que dis-je, brindille ? Ce fut plutôt un rondin qui lui secoua le citron ! Que dis-je, brindille, rondin ? Ce fut une mèche qui enflamma ses envies ! Ce fut une épine sous la queue de ses pensées, une cure de figues douces qui lui fit évacuer le souffle du mal d'amour par un déluge de soupirs.
  
Bon pour le voyage italien d'Eimelle. Destination PAL  – La liste des lectures de l’été.


L’avis de Mina.


4 commentaires:

  1. Je le lirai sûrement, car j'ai vu l'affreuse adaptation cinématographique qui est sortie au cinéma l'an dernier, et j'ai besoin de me rassurer : impossible que le livre d'origine soit aussi atrocement mauvais !

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    1. En l'occurrence c'est une sélection parmi l'ensemble des contes de l'auteur et c'est vraiment très bien, l'invention de la langue est incroyable !

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