La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mercredi 8 janvier 2020

Delacroix était mon ami et les peintres sont mes frères.

Catherine Meurisse, Delacroix, d’après le texte d’Alexandre Dumas (1864), 2019, Dargaud.

Un magnifique album !
Le texte est celui de Dumas, une causerie sur le peintre Eugène Delacroix, mort un an auparavant. Pas d’histoire de l’art ici, mais un hommage vibrant à l’artiste et à l’ami, des anecdotes pour illustrer son art et son caractère, des traits d’esprits, des souvenirs. Le tout dans une langue ronflante et pleine de talent. Dumas a aussi l’intelligence, tout en soulignant l’unicité de Delacroix, de le replacer parmi les peintres de son temps, ceux qui l’ont soutenu, ceux à qui les critiques l’ont opposé.
Ce texte est accompagné par les magnifiques illustrations de Meurisse. Il y a de petites scènes schématiques mettant en scène le grand homme, mais surtout un grand nombre de grandes planches colorées d’après les peintures de Delacroix. D’abord, c’est superbe. Ensuite, Meurisse, comme dans ses précédents albums, réinterprète, s’inspire, pratique en un mot l’art ancien de la copie d’artiste, de celle qui permet d’apprendre d’après un grand maître. Voici Delacroix au Louvre, au côté de Rubens (on aurait bien aimé voir cet accrochage), avec sa couleur révolutionnaire. Sa réinterprétation, comme un hommage et une appropriation, nous permet également de comprendre ce qui peut intéresser un artiste contemporain dans ce peintre du XIXe siècle. L’accent est mis sur la mélancolie et sur les regards hallucinés des personnages, mais surtout sur la couleur, la magnifique et vibrante couleur de Delacroix. Le peintre apparaît comme une petite silhouette aigue, un peu dandy, qui se distingue de la rondeur de celle de Dumas.
Une petite merveille d’une richesse folle. Il faut plonger dedans à pieds joints dans cet album plein d'une grande vie.


J’ai lu plusieurs albums de Meurisse. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, car on trouve tout mêlés ensemble de l’érudition, de l’humour, du talent, de la beauté et un vrai amour pour l’humanité.

Merci aux éditions Dargaud et à Babelio pour cette lecture.

6 commentaires:

  1. Faut que je lise Les grands espaces. Au départ, j'ai du mal avec ses dessins, et puis... j'admire!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis en mode "faut tout lire". Je suis très fan. C'est ma soeur qui m'a fait découvrir.

      Supprimer
  2. En voici un très beau livre!Je ne connais pas Maurisse, il faut que je m'y mette

    RépondreSupprimer
  3. J'aime beaucoup Meurisse... du coup, je note, of course.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il vient de sortir, tu aimeras certainement !

      Supprimer

Les commentaires sont "modérés" en espérant ne plus avoir droit à compter les escaliers et les feux rouges (Blogspot enquiquine le monde). Si le compte Google ne marche pas, vous pouvez juste indiquer votre prénom (et croisez les doigts). Merci !