La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



mardi 28 juillet 2026

La dernière chose dont j’avais besoin en ce moment c’était de me mettre à rêver de Babylone.

 

Richard Brautigan, Un privé à Babylone, édition originale 1977, traduit de l’américain par Marc Chénetier, édité en France par Christian Bourgois.

Brautigan, c’est une lecture d’été.

Le narrateur est détective privé raté à San Francisco et le récit de ses avent… de son existence suffit à ridiculiser les hommes forts à la Sam Spade des romans noirs.
Notre héros n’a plus de bureau, ne paie plus son loyer, n’a pas réussi à coucher avec sa secrétaire, n’a plus de balles dans son revolver, doit téléphoner à sa mère, mais ça y est, un client l’a contacté, les affaires (re)prennent ! Ou pas.
Petite particularité : l’activité préférée de ce privé est de rêver à Babylone. Rêve où il est champion de sport, super détective, accompagné de la plus charmante des secrétaires et où ce brave Nabu (-chodonosor, et oui) lui tape dans la main. Bref, voilà qui n’aide pas à sa concentration.

« Quoi ? » dis-je, parce que c’était sans aucun doute un « quoi » qu’il fallait à ce moment-là et qu’à part un « quoi » rien n’aurait pu convenir à la situation.
Crécy, Pacific street, encre aquarelle, 2013 coll. privée


Une fois passé le charme de ce début tout en pastiche, il y a eu un petit moment poussif, parce que c’est bon, on a compris le truc… ça traîne... Et puis débarque le client, pardon la cliente, et là, les choses s’emballent, parce qu’il s’agit de voler un cadavre à la morgue, et puis des malfrats, et puis la police, et puis, etc.

Bref, une lecture très plaisante pour quand il fait trop chaud.

Si je me laisse avoir par tout ça, je commence à penser à Babylone et alors ça ne fait qu’empirer parce que je préfère penser à Babylone qu’à n’importe quoi d’autre et quand je commence à penser à Babylone je ne peux faire que penser à Babylone et puis ma vie entière part à vau-l’eau.

Où je découvre à cette occasion que Brautigan a aussi publié un pastiche de roman gothique, de roman western, etc.


Richard Brautigan sur le blog :

La Pêche à la truite en Amérique : un roman plein d'humour "sautillant"
Sucre de pastèque : encore un roman plein de charme que je qualifie de surréaliste
La Vengeance de la pelouse : des nouvelles au ton poétique et décalé


6 commentaires:

  1. J'ai pris l'habitude de venir vérifier sur ce blog ce que vous pensiez des livres dont j'entends parler. J'ai lu sur Mastodon que vous étiez en train de lire ce livre et j'attendais votre billet pour me décider. Voilà, je suis décidée, je vais le réserver à la bibliothèque.
    Merci pour ce blog.

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    1. J'espère qu'il vous plaira ! Merci pour votre passage ici.

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  2. Oui, c'est sympa Brautigan. Je n'ai pas lu celui-là, qui est pourtant l'un de ses plus connus, je crois ?

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    1. Il est peut-être connu oui (mais La Pêche à la truite aussi, il me semble), parce que je l'avais en effet noté avant de l'acheter.

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  3. Je connais l'auteur mais je ne l'ai jamais lu. Ses romans semblent plus distrayants que je ne le pensais.

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    1. Je dirai que La Pêche à la truite est un classique !

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