Francisco de Quevedo, El Buscón. La Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie, écrit vers 1603-1608, circulation manuscrite clandestine, première impression en 1626, traduit de l’espagnol par Rétif de la Bretonne (ou presque : traduit par Nicolas Vaquette d’Hermilly, avec la relecture et la fluidité de Rétif), paru en France aux éditions Sillage.
C’est un classique de la littérature picaresque espagnole – car l’Espagne semble avoir eu le goût des romans se passant sur ses routes poussiéreuses.
Le narrateur est un jeune homme de basse extraction (père voleur, mère sorcière, oncle bourreau distribuant les coups de fouet en fonction des pot-de-vin reçus) et il raconte ses aventures et ses efforts (dénués de succès) pour s’enrichir et se faire passer pour gentilhomme. D’auberge en auberge (c’est qu’il s’enfuit assez souvent), il rencontre un moine tricheur aux cartes, un soldat fou, des bandits, un moine poète fou, etc.
L’ensemble se veut comique, farcesque, et très critique envers la société, mais je l’ai trouvé aussi très sombre. Les coups y sont sanglants et les blagues y sont violentes.
C’est aussi un roman à la langue rapide, sans portrait psychologique. J’avoue m’être lassée de passer d’épisode en épisode sans réel suivi. J’ai nettement préféré La Vie de Lazarillo de Tormes, où les déboires du narrateur sont racontés avec davantage d’humour et d’autodérision, et moins de noirceur, où le ton est plus cocasse, et où avec une trajectoire plus positive, la charge contre la société est aussi forte.
Vous connaissez peut-être Pablo sans le savoir puisqu’il est le héros de l’album Les Indes fourbes d’Alain Ayroles et de Juanjo Guarnido.
On convainquit mon père que, dans le temps qu’il lavait le visage de ceux à qui il allait faire la barbe, et qu’il leur faisait lever la tête pour cette opération préparatoire, un petit frère que j’avais, âgé de sept ans, leur enlevait adroitement ce qu’ils avaient dans le fond de leurs poches. Aussi ce petit saint est-il mort martyr sous les coups de fouet qu’on lui donna dans la prison.
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| Dalí au musée de Figueres. Une autre façon de réinventer son identité. |
Ceci constitue une première participation à l’étape dans les Espagnes pour les escapades littéraires de Cléanthe. La seconde, mercredi.

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