La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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jeudi 30 mai 2024

Quand je rentre chez moi les poings intacts, au terme d’une journée paisible, je m’estime satisfait.

 


Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, Blacksad. Alors, tout tombe (une aventure en deux tomes), 2021 et 2023, édité chez Dargaud. Lettrage : Fred.

 

C’est la dernière aventure du détective privé au grand imperméable et à tête de chat. Dans une grande ville ressemblant à New York, Solomon un faucon joue à l’évergète et fait construire un pont gigantesque qui immortalisera son nom. Mais le Festival Shakespeare, mené par de grandes comédiennes, ne l’entend pas de cette oreille.

Beaucoup de personnages, touchants, machiavéliques, sympathiques, tragiques ou maladroits. Des clins d’œil à des choses connues : un bar d’Edward Hopper, un faucon maltais, les pièces de Shakespeare bien sûr, mais aussi le musée des Cloisters… Je note le personnage de Weekly, le renard, journaliste dans une revue à sensation, dont le nom n’est pas sans faire écho au photographe Weegee.

J’ai adoré me plonger dans cette aventure. J’apprécie la façon dont sont représentés les animaux, à la fois bien reconnaissables, avec une réelle expressivité et une identification facile.

Les planches sont magnifiques. Et les scènes d’action sont très réussies.

Le billet de Karine.


 


Il est dommage que les rôles féminins (du moins pour certaines) ne bénéficient pas toujours du même traitement graphique. Elles sont souvent trop féminisées (pourquoi ces nez ? et ces cheveux surtout ?) au lieu d’être animalisées à l’égal des mecs. Je le regrette, mais cela ne me dérange pas vraiment, car c’est cohérent avec l’esthétique polar des années 50.





 

Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, Blacksad. Arctic-Nation, 2003, Dargaud. Lettrage : Ségolène Ferté.

 

Blacksad est engagé pour retrouver une petite fille qui a disparu, dans un contexte de violent conflit entre des espèces blanches et aisées (ours, renards, chiens, phoques…) et des espèces noires (les mêmes…) plus pauvres.

C’est un album que j’aime bien parce qu’il est très émouvant, entre la pie qui rêve d’aller à Vegas (faut lire jusqu’à la toute dernière page), entre ces enfants qui font une bataille de boules de neige, et ces racistes, qui sont comme tous les racistes du monde. 



J’aime aussi que ces aventures soient très riches. Il est toujours utile de relire l’album une seconde fois pour être attentif au moindre détail, au personnage situé à l’arrière-plan, à une inscription sur un mur, à un vêtement qui traîne. Il y a de la matière !

 




Comme vous le voyez, on peut le lire dans le désordre… d’abord le 5, puis le 1 (Quelque part entre les ombres), puis le 6, puis le 2… et il m’en reste encore !


Quatrième et dernière participation au mois espagnol de Sharon.




jeudi 22 juin 2023

J’aime imaginer un monde juste où même les puissants paieraient leurs fautes.


Juan Díaz Canales au scénario et Juanjo Guarnido au dessin, Blacksad. Quelque part entre les ombres, édité en France par Dargaud, 2000. Les auteurs sont espagnols, mais la publication est directement en français.

 

Laissons-nous aller à notre faiblesse pour les privés beaux et ténébreux qui enchaînent les coups de poing et les cigarettes… Tout commence quand Natalia, un ancien amour de Blacksad, est retrouvée assassinée. Le détective privé en fait une affaire personnelle et se retrouve sur la piste d’un magnat de la ville.

Bien sûr, j’aime l’atmosphère polardeuse, qui est vraiment très réussie. Mais aussi le jeu entre animaux : le chat policier privé, le berger allemand commissaire, le renard son acolyte, le club des sauriens, etc. Un dessin nerveux qui sert à la fois les scènes d’introspection et de face à face et les scènes de bagarre. Un beau coloris expressif.

 



Cette image est superbe,  non ?


mercredi 20 novembre 2019

L’homme qui ne change que de lieu et non de mœurs n’améliore jamais sa condition.

Alain Ayroles (scénario) et Juanjo Guarnido (dessin et couleur), Les Indes fourbes, 2019, Delcourt.

Cet album a les allures d’un roman picaresque à la mode de la Nouvelle Espagne. Au début du récit, Pablo se trouve aux mains d’un dignitaire espagnol prêt à lui arracher des aveux par tous les moyens. Pablo raconte, raconte… pauvre diable parti tenter sa chance dans le nouveau monde, les combines pour survivre, le hasard et un vieux de la montagne qui le met sur la piste de l’Eldorado, l’exploration de la jungle, l’affrontement avec les Indiens réducteurs de tête, la cité d’Or et puis… le retour, l’expiation, tout ça. Enfin, ça, c’est le début. Parce qu’après Pablo raconte une autre histoire et nous sortons du roman picaresque pour aller voir de plus près l’exploitation du Nouveau monde par les Espagnols, une intrigue menée avec talent, un complot aux dimensions de farce.
Un gros et bel album qui se lit avec beaucoup de plaisir et se relit aussi. C’est un hommage au roman picaresque, aux romans d’aventures et à tout ce que nous avons lu/vu sur le sujet, de Tintin à Aguirre, en passant par Cervantes et quelques autres. Et beaucoup de peinture espagnole du siècle d’or !
Il y a aussi un humour très noir. Pablo est prêt à tout pour se tailler sa part de fortune. Il sait que rien n’est pardonné aux pauvres et tout aux riches et aux puissants. Ce personnage est inspiré du héros d’un roman de Quevedo, auteur dont la vie me semble elle-même tout à fait romanesque. C’est du moins le cas pour le Pablo de la première partie. Par la suite, les auteurs de BD se l’approprient réellement et le sortent de sa destinée d’origine.
Une BD qui évoque les révoltes des Indiens (coucou Nathan Wachtel !), l’Espagne et la Nouvelle Espagne. 
Les couleurs sont très réussies et dépeignent des ambiances différentes. Le dessin des personnages montre tout un jeu sur les nez.
Un album qui a eu son petit succès sur les blogs.



samedi 8 février 2014

Humeur BD



Vous l’aurez compris (ici et là), la vie est rude chez M&M. J’ai quand même eu le temps de lire deux albums, que je ne vous chroniquerai pas :
-       Kiki de Montparnasse de Catel et Bocquet qui raconte la vie d’une gloire et d’une femme libre de Montparnasse, artiste et égérie et modèle de nombreux peintres.
-       Blacksad : Amarillo de Díaz Canales et Guarnido. Les aventures de ce chat m’ont beaucoup plu, l’évocation des États-Unis est, je trouve, très réussie. Syl. aime aussi cette série, malgré une petite déception pour ce tome.
J’ai repris le crochet et demain, je vous parle bouffe.