La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



samedi 17 septembre 2022

La ville de Québec

 Comme annoncé précédemment, c’est parti pour une série de billets touristiques « vacances au Québec ». Sortez le popcorn, les chips et le vin blanc, selon les goûts, je lance la soirée diapo ! 

Le voyage commence par une balade dans la ville de Québec, Québec City, la ville, et non la province.

La ville a plus de 400 ans et se présente comme le berceau de l’Amérique française.

Je résume : Jacques Cartier entre dans le Saint-Laurent en 1534, en étant loin d’être le premier Européen dans les parages, et prospecte la région de Québec un an plus tard. À Québec, l’homme essentiel est Samuel de Champlain, qui fonde officiellement la ville le 3 juillet 1608 à proximité du village iroquois de Stadaconé, à un endroit où le fleuve Saint-Laurent se rétrécit et où se dresse un promontoire permettant une surveillance et un contrôle du territoire. C’est grâce à son obstination que la ville perdure, malgré les hivers ravageurs, les guerres incessantes et l’hostilité des commerçants qui craignent la concurrence de cet établissement permanent. Il fait édifier un fort en 1620. Champlain n’effectue pas moins de 12 voyages entre la France et le Canada, ce qui est considérable. Il s’installe d’ailleurs à Québec avec son épouse et il y meurt après s’être acharné à maintenir la petite colonie envers et contre tous.


La statue de Champlain, face à la ville.


À ses débuts, Québec vit d’abord du commerce de la fourrure et de l’agriculture. La ville est désignée capitale de la Nouvelle-France en 1663. En 1759, l’Angleterre conquiert le territoire suite à la bataille des plaines d’Abraham et s’ouvre alors la page anglophone de l’histoire de la ville. Aujourd’hui, Québec est capitale de la province du Québec, ce qui explique la présence d’un parlement en haut de la colline (rappel pour les distraits : le Canada est un pays fédéral, c'est aussi une monarchie dont la Queen est morte récemment). Il y aussi une université, mais ça reste une petite ville (500 000 habitants), francophone à 94 %, me dit Wikipédia.

Le parlement du Québec

Donc, Québec se glorifie, du moins dans le champ touristique, de son patrimoine historique, remontant au XVIIe siècle. Il y a des fortifications « à la Vauban » (plan français, mais en réalité construction anglaise), une église Notre-Dame-des-Victoires sise Place royale, laquelle est ornée d’une statue de Louis XIV. Il y a une cathédrale catholique et une cathédrale anglicane, un couvent des Ursulines et un autre des Augustines, et un séminaire jésuite (c’est une terre de conquête, il faut évangéliser tous ces Indiens et ces ploucs de paysans et de marins). Du fort construit par Champlain il ne reste pas grand-chose.


L'église Notre-Dame-des-Victoire (plus petite que la parisienne, mais la place est aussi ornée d'une statue de Louis XIV, on s'y croirait).

À gauche : Peinture anonyme, La France apportant la foi aux Hurons de Nouvelle-France, 1666, MNBAQ. À droite : Baillairgé, Saint François Xavier prêchant aux Indes, 1805, MNBAQ.


Le séminaire des jésuites dont le musée est malheureusement fermé.


Fortifications - anglaises donc.


La ville rassemble pas mal de choses qui sont « les plus anciennes d’Amérique du Nord » ou « les plus anciennes du Canada ». Je rappelle que la côte Est et la côte Ouest du Canada ont des histoires très différentes, avec un rapport au temps et à l’espace qui doit également fortement différer. Nous autres, Français, avons quelquefois la tentation de réduire le Canada au Québec et le Québec aux villes de Montréal et de Québec, mais c’est une grossière erreur.


La ville possède ses quartiers récents, avec des résidences et des zones de magasins et d’entrepôts. Des quartiers de petites maisons en brique avec fenêtre à guillotine, comme à Londres. Des maisons à un étage, avec un escalier extérieur pour desservir le niveau supérieur, comme à Montréal. Il y a aussi une vieille ville, elle-même divisée entre ville haute et ville basse. Dans le quartier Petit-Champlain (ville basse, situé entre le fleuve et la ville haute), les maisons ont été restaurées ou reconstruites façon Disneyland, dans le style breton-normand apporté par les colons (je ne suis pas totalement fan).


Ville basse, parmi les plus vieilles maisons de Québec.



Il faut traquer les édifices art déco, mais on les trouve en étant attentif.


Ancien magasin ou entrepôt et à l'arrière les escaliers de secours, très nord-américain !


La ville comporte naturellement plusieurs rivières (on est au Canada, il y a des rivières partout), mais quand on est touriste on va notamment admirer les chutes où la rivière Montmorency se jette dans le Saint-Laurent.


Le bâtiment emblématique de Québec est en réalité un hôtel : le château Frontenac. Cet hôtel de luxe a été inauguré en 1893 et il présente un style historico-fantaisiste à la mode victorienne (tout comme la gare). Il donne sur la terrasse Dufferin, sur laquelle il est indispensable de se promener et de se photographier.

On peut aussi y boire un verre en admirant la vue sur le Saint-Laurent.


La gare a une allure de petit château absolument désert, puisqu’il y a genre 5 trains par jour à destination de Montréal (et c’est tout). Mais c’est de là que partent les autobus qui sillonnent la province !

Oui, c'est la gare.


En 1999 a été inauguré la fresque des Québécois qui rassemble les principales figures marquantes de l’histoire de Québec – aucun autochtone. C’est joli, mais lamentable.

La liste des tous les personnages est ici.


D'ailleurs, les autochtones dans tout ça ? Il n'en est guère question. Gardons cependant en tête que dans la langue algonquine parlée par les autochtones de la région, Kebek signifierait « là où la rivière se rétrécit ». Pour ma part, deux billets de blog leur seront consacrés.


J’avais déjà visité Québec en 2007, à l’occasion d’un déplacement professionnel, mais mes souvenirs étaient plutôt lointains. C’était un vrai plaisir de (re)découvrir la ville cette année.

Avec ça, je suis en plein dans la thématique « Sous les pavés, la page » (encore que… peu de pages, mais beaucoup de pavés), si Athalie et Ingannmic veulent bien de moi.


C’est tout pour ce premier billet. Il est temps de vous lever du canapé !

Le voyage reprendra samedi prochain.








14 commentaires:

  1. Chouette début de voyage! Bon, je ne connais pas ce coin, mais en revanche, l'Ouest, un peu (voir voyage dans l'ouest américain colonne de droite sur mon blog si tu as le temps)
    Un jour, peut être...
    J'attends la prochaine soirée diapos!

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    1. Ah je viens de voir ton billet. Je suis allée à Vancouver et Victoria il y a 4 ans, c'est un de mes plus beaux voyages. Plein de billets de blog enthousiastes ici d'ailleurs. J'y retournerai volontiers. Mais je ne connais pas Seattle.

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  2. euh qu'emporter comme vêtements ? la température ? parce ce que c'est décidé j'y vais aussi :)))
    j'aime beaucoup la fresque ça me fait penser aux murs peints de Lyon

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    1. Pour l'été, il faut des manches courtes, des manches longues, un pull (donc prévoir des vêtements qui puissent se superposer le cas échéant) et surtout l'imperméable !!! En hiver, il faudra des vêtements chauds que l'on ne peut acheter que là-bas parce qu'ici pffff.
      La fresque a été coréalisée par l'équipe de Lyon justement.

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  3. C'est parfait pour notre activité sur la ville, ça ! Je récupère ton lien...

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  4. Merci pour la balade qui ravive des souvenirs passés à la machine (1997)

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    1. Ça a peut-être un peu changé depuis, car je crois qu'il y a eu pas mal de travaux de restauration pour l'anniversaire de la fondation de la ville.

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  5. je me serais bien invitée dans tes valises! Comment as-tu circulé sur place, location de voiture, bus?

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    1. Ça c'est un sujet. Au Canada si on n'a pas de voiture, les possibilités d'excursion sont très limitées. Rien n'est fait pour les piétons et le réseau de bus est très faible. Dans la ville de Québec, j'ai pris le bus. Tant que l'on circule le long du Saint-Laurent on peut se contenter du bus, mais un seul par jour et il ne faut pas vouloir aller dans les forêts, les parcs, la nature...

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    2. c'est ce qui me freine un peu à l'idée de partir seule....

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    3. Oh mais envoie moi un mail le cas échéant. Ce serait dommage de te priver de ce voyage. On peut quand même faire pas mal de choses même en étant limité en transport en commun.

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  6. C'est que tu vas finir par m'intéresser! Je m'inscris à la deuxième séance. On pourra faire de la poutine? (Choquant, pour la fresque, mais pas inhabituel du tout, je suppose. Penses-tu qu'elle serait faite de la même manière aujourd'hui?)

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    1. Je n’ai pas mangé de poutine mais du blé d’Inde, c’est convivial aussi.
      La fresque date de 1999, pas des années 50. Elle est située à 50 mètres d’un musée remarquable pour son exposition sur les Premières Nations qui a ouvert vers 1990, donc c’est quand même comme si elle avait été réalisée dans une bulle. Aujourd’hui il y a internet et il s’est passé beaucoup de choses (excuses du gouvernement sur les pensionnats indigènes par exemple) donc ce ne serait sans doute pas possible.

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