George Eliot, La Repentance de Janet, parution originale en revue sans nom d'auteur en 1857, puis en livre en 1858, traduit de l'anglais par François d'Albert-Durade, édité en 2025 en France par les éditions Sillage.
Dans une petite ville d'Angleterre, les élites locales se déchirent à cause de l'arrivée d'un nouveau pasteur (les détails de ce qui sépare l'église établie de ce religieux m'ont en partie échappé, querelle de clocher). L'avocat Dempster, un gros buveur, violent et emporté, monte une bruyante cabale contre ce pasteur, cabale à laquelle participe volontiers son épouse, Janet Dempster, noble femme, mais tombée dans la boisson et victime des coups de son mari.
Tout le charme de ce petit roman provient de sa peinture parfaitement réussie de la vie de village et de ses différents personnages. En effet, le récit, assez lent, est cousu de fil blanc ; nul doute que le pasteur, un homme bon et sincère, parviendra à se faire accepter de tous et que Janet réussira à surmonter ses démons. Ajoutons que j'ai pu être un peu perdue entre tous ces gens. Ce petit roman ou longue nouvelle est le troisième texte de fiction d'Eliot, un des trois titres composant les Scènes de la vie du clergé – nous sommes avant les grands romans stars !
Lorsque la terre eut recouvert le cercueil de la mère, et que le fils, en manteau noir et en chapeau garni de crêpe, reprit la route de la maison, son bon ange resté en arrière, l'aile étendue sur le bord de la tombe, jeta un regard de désespoir sur lui et prit son vol pour toujours.
J'ai été immédiatement séduite par le portrait dressé des uns et des autres. En quelques phrases ciselées et mots choisis, le ton est à la fois tendre et amusé, critique et empathique. Voilà des personnages bien campés ! Quelle réussite de langue, qui annonce les grandes fresques de la vie des villages comme on a pu les lire.
La lectrice attentive repèrera le « nous » qui apparaît vers la page 90 et qui signale que le narrateur est un jeune homme de la ville. C'est qu'Eliot est pleine de malice !
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| Une église en Angleterre |
Miriam et Claudia Lucia ont lancé un défi autour des deux George, Eliot et Sand. Pour ma part, j'ai un peu lu Sand et je ne compte pas m'y remettre tout de suite tandis que j'ai déjà bien parcouru l'oeuvre d'Eliot. Il me reste les deux autres récits des Scènes de la vie du clergé et Adam Bede ; j'ai déjà acheté l'un de ces textes qui sera donc bientôt lu.
George Eliot sur le blog :


A part Felix Holt, j'ai lu les mêmes que toi, et figure toi que oui, celui d'aujourd'hui aussi, il y a 30 ans (oups), dans Scènes de la vie du clergé, bien avant blog. La repentance de Janet étant intitulée La conversion de jeanne! Ce ne serait pas la première fois que les traductions de chez Christian Bourgois sont à examiner quand même! Avec Jane Austen, y'a pas photo et depuis j'y suis allée en VO... Mais comme rien à la bibli, je peux relire mon exemplaire avec les trois romans, faut voir si ça passera.
RépondreSupprimerJe sais qu'il y a un challenge, mais je ferai ça ou pas à mon idée. ^_^
Apparemment Sillage les réédite en volume séparé, c'est un plaisir de se plonger dans ces petites histoires. Je suppose que la variation du titre correspond à la couleur plus ou moins religieuse que l'on veut donner.
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