La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



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mardi 9 avril 2013

Mrs Maxwell aborda avec la gravité nécessaire les thèmes très intéressants du temps qu’il faisait et de l’état des routes.


Anne Brontë, La Châtelaine de Wildefell Hall, traduit de l’anglais par Henriette Guex-Rolle, publié en 1848, lu dans la collection Bouquins.

Voici encore un roman magistral !
L’entrée en matière est déroutante car je ne m’attendais pas à un narrateur masculin, lequel présente son frère et sa sœur en termes cavaliers. Un début original.

On ne tarde pas à comprendre. Le narrateur est Gilbert Markham, un jeune homme de bonne famille paysanne, qui écrit soi-disant à un ami pour lui raconter un épisode de sa vie. Une nouvelle venue s’installe dans un château à moitié abandonné, elle suscite bien vite toutes les interrogations de ses voisins. Mais cette belle châtelaine, qui se dit veuve, est bien mystérieuse, et Gilbert en tombe petit à petit amoureux. La narration change alors brutalement car la jeune femme, Helen, confie son journal intime à Gilbert. Elle devient l’héroïne et raconte son mariage malheureux et tout ce qui s’ensuit.
Parmi les points forts du roman, il y a la parfaite représentation de la violence du monde victorien. À mon avis, Brontë est plus directe et franche dans son écriture que les écrivains des XXe et XXIe siècles qui placent leur roman à cette époque. La soumission des femmes aux hommes est exprimée en termes crus du début à la fin : la façon dont on les place auprès de maris riches, la façon dont les jeunes hommes cherchent une bonne petite femme gentille leur laissant mener leur vie, le rôle des mères et des conventions dans ce système. Les femmes apparaissent seules et sans ami(e)s véritables, surtout sans possibilité de les choisir puisqu’elles ne peuvent sortir. Brontë peint également l’alcoolisme des riches jeunes gens, en termes crus et sans sympathie aucune.

Osborn, Seule et anonyme, 1857, image piquée je ne sais où.
Mais regardez bien les jeux de regards de ce tableau.

Dans ce monde victorien, le mot d’honneur est omniprésent, employé à toutes les sauces, pour justifier tous les propos, ce qui est – à mon sens – exaspérant. De ce fait, le poids des ragots est difficile à imaginer. À ce propos, Gilbert, le narrateur, est assez creux, et m’a lassée avec ses idées de confiance, d’honneur et de fierté mal placées.
Helen est bien plus intéressante dans son évolution. Elle semble réunir plusieurs personnalités : jeune fille naïve, pleine d’esprit et d’espoir, amère, déçue, décidée, femme d’action ne se laissant pas faire… elle ressemble aussi à une fille de pasteur n’ayant que Dieu et le Ciel à la bouche, le roman est tout de même assez moralisateur. À la fin du roman, elle est à la fois plus dure et froide et une jeune femme passionnée. L’articulation entre ces deux caractères se fait quelquefois difficilement mais j’ai aimé la profondeur psychologique du personnage. On sent que Brontë a beaucoup réfléchi sur la difficile position de la femme à son époque et sur les voies possibles pour s’assurer de son bonheur, essayant de faire coexister l’indépendance et le mariage, les intérêts et l’amour. On retrouve à certains moments la modération d’Agnès Grey même si on est loin du climat de douceur de ce roman.

Des personnages secondaires intéressants, notamment lord Lowborough, être faible mais capable de lutter contre ses faiblesses, montrant combien il est difficile d’être un homme heureux en ce monde quand on n’a pas la parfaite maîtrise de l’idéologie « virile ». Ce personnage est certainement nourri de l’observation directe que l’auteur a pu faire de l’aristocratie quand elle était gouvernante.
Enfin, on a une peinture très noire de la ville de Londres comme lieu de perdition, versus la simplicité du mode de vie campagnard.

Vous ne pouvez vous passer d’une gouvernante et d’une domestique qui fait aussi bien et aussi consciencieusement son travail sans recevoir ni gages, ni remerciements. Mais je donnerai mon congé quand ce servage me sera devenu intolérable.

Un point sur l’édition : si la traduction est bonne, elle se base sur une édition expurgée. Dans l’idéal, il faudrait lire le texte en Phébus – épuisé. Voir le billet de George sur ces problèmes. L'avis de George. Participation au challenge victorien d'Arieste, au challenge des soeurs Brontë de Missy et au challenge Histoires de famille de Sharon. Le challenge sur les soeurs Brontë finit en avril, mais je compte bien lire les romans de Charlotte, maintenant que je connais Emily et Anne.




mardi 29 janvier 2013

Il va dîner comme si rien ne s’était passé. Un front d’airain et une conscience de Karamazov !


Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov, 1880, traduit du russe par Henri Mongault en 1952 pour Gallimard.

Une plongée dans un bon gros roman russe sur le destin des trois fils de Fiodor Karamazov.
Le père pense à ses plaisirs et à sa richesse avant de se préoccuper de ses enfants, élevés par d’autres que lui. Ils sont trois, issus de deux mariages : Dmitri, passionné, un peu tête brûlée mais noble ; Ivan qui veut être libéral ; le doux Aliocha qui n’est qu’amour et hésite entre le monde et le monastère. Tout cela se croise dans une petite ville russe, avec ses fonctionnaires, ses moines, ses veuves, ses marchands de bois, ses propriétaires terriens, ses militaires et ses pauvres. Toutes ces figures donnent son ampleur au roman, sa vivacité et sa couleur car leurs portraits sont très réussis et sonnent juste.
Le récit s’attache aux passions d’amour et d’argent de la famille, avec un entrecroisement subtil des intrigues. Les Karamazov incarnent les déchirements de la Russie en cette fin de siècle : tiraillée entre une histoire ancienne, des castes nobiliaires et des commerçants enrichis, d’anciens serfs devenus libres alors que les hiérarchies demeurent dans les têtes, des tentatives de réformes sociales, l’attrait des idées modernes (françaises, occidentales) qui déstabilisent les fondements de la société, la force de la religion orthodoxe… Chacun des personnages a ainsi quelque chose qui le dépasse et le transcende, tout en restant ancré dans sa réalité et son humanité.
J’avoue pourtant humblement avoir passé quelques pages consacrées à ces longs développements théoriques.


1e page de la 1e édition
image WIkipedia
Comme dans Crime et châtiment, on trouve cet intérêt pour le processus judiciaire et de nombreuses réflexions sur le pardon et la rédemption, réflexions qui peuvent demeurer sans réponse.
Encore deux mots : ce roman est très masculin. Même si plusieurs femmes sont présentes dans le roman et qu’elles ont un vrai rôle actif, elles sont vues à travers le regard des hommes – ce qui leur laisse quelque chose d’incompréhensible. Et le roman possède un narrateur, à la 1e personne, omniscient, qui en sait plus qu’il n’en dit et semble manipuler son récit… on ne saura rien de lui !

À sept heures du soir, Ivan monta dans le train de Moscou. « Arrière tout le passé ! C’est fini pour toujours. Que je n’en entende plus parler ! Vers un nouveau monde, vers de nouvelles terres, sans regarder en arrière ! » Mais soudain son âme s’assombrit et une tristesse telle qu’il n’en avait jamais ressenti lui étreignit le cœur. Il médita toute la nuit. Le matin seulement, en arrivant à Moscou, il se ressaisit.
« Je suis un misérable ! » se dit-il.

Et il me semble fort que ce roman est longuement cité dans Les Détectives sauvages de Bolaño. Lecture (presque) commune avec Miss Bouquinaix et Metaphore : la plupart des billets sortiront le 31 mais j'ai une autre lecture russe pour cette date. Les billets de L'écho des écuries, Denis, Ingannmic. Participation à l'Hiver en Russie de Cryssilda et au challenge Histoire de famille de Sharon.






jeudi 20 décembre 2012

La lecture est mon occupation favorite, quand j’ai du loisir et des livres à lire.


Anne Brontë, Agnès Grey, traduit de l’anglais par Isabelle Viéville Degeorges, 1e éd. 1847, Paris, Archipoche, 2012.

Je découvre Anne Brontë à travers ce roman dont la narratrice est une jeune femme, contrainte financièrement d'accepter le travail de gouvernante dans des familles riches et peu aimables.
C’est d’abord un livre très intéressant pour mieux connaître la hiérarchie sociale de la société britannique et la condition faite aux gouvernantes, vivant comme des étrangères dans de riches familles, loin de chez elles. Outre des considérations sur ce métier, le roman livre de nombreuses réflexions sur l’importance de l’éducation : les parents trop durs ou trop faibles, les enfants fragiles ou tyrans. Les Hauts de Hurle-vent d’Emily Brontë contenaient déjà des réflexions sur les conséquences d’une mauvaise éducation et sur les traumatismes subis dans l’enfance, le propos est ici bien plus riche et moderne. 

Je ne connais pas de situation comparable à celle de la pauvre gouvernante qui, désireuse de réussir, voit tous ses efforts réduits à néant par ceux qui sont au-dessous d’elle et injustement censurés par ceux qui sont au-dessus.

J’ai aussi apprécié le portrait contrasté des femmes de ce roman – il y a bien peu de héros masculins – même les plus antipathiques. Agnès, l’héroïne, est ainsi désireuse de travailler pour subvenir à ses besoins tout en ne désirant rien tant que se réaliser par le mariage. Son caractère droit, sa prudence, son goût pour la lecture, son esprit d’observation la rendent proche de nous. A contrario, son élève, Miss Murray, cruelle jeune fille riche et prétentieuse est à la fois un odieux personnage et une victime de cette société sexiste, ne parvenant pas à trouver un espace personnel dans son existence de lady – à la différence d’autres personnages d’autres romans comme Emily d’Anne Perry qui maîtrise à merveille tous les codes et est loin d’être passive. 

L. Knaus, La Promenade aux Tuileries, 1855
Paris, musée des Arts décoratifs
Dépôt du musée d'Orsay, image RMN.
J’ai enfin aimé le début de l’histoire d’amour entre Agnès et le vicaire de la paroisse pour sa simplicité : point ici de passion foudroyante mais un sentiment qui a tout de l’évidence tranquille. Voilà qui est humain et rassurant et qui contraste avec Les Hauts de Hurle-vent.

Gaieté de tête sans cervelle, rêves absurdes, espérances sans fondement, direz-vous ; et je ne vous démentirai pas : des soupçons semblables ne s’élevaient que trop souvent dans mon propre esprit. Mais nos désirs sont comme l’amadou : le silex et l’acier des circonstances font continuellement jaillir des étincelles qui s’évanouissent aussitôt, à moins qu’elles n’aient la chance de tomber sur l’amadou de nos désirs ; alors, il prend feu à l’instant et la flamme d’espérance est allumée en un moment.











mardi 30 octobre 2012

Seul ce lieu l’ensorcelait, débandait sa volonté, le rendait heureux.


Thomas Mann, La Mort à Venise, 1e éd. 1913, Paris, Arthème Fayard, 1947, lu dans Le Livre de Poche (1966) qui a une très belle couverture mais qui ne donne pas le nom du traducteur.

J’ai lu ce court texte comme une pause. Le héros est un vieil écrivain allemand, une gloire nationale fatiguée, Gustav Aschenbach. Par une sorte de révélation, il réalise qu’il doit partir en voyage. Il prend le train puis le bateau et, un peu par hasard, arrive à Venise, dans un bel hôtel. Il y a dans les premières pages quelque chose qui m’a fait penser à Karen Blixen, parce que c’est une Italie décrite par une plume nordique.
Dès le premier jour, il est sous le charme de l’hôtel et de sa clientèle alors que la ville l’oppresse par sa chaleur et sa puanteur. Il essaie de repartir mais, tel le héros de La Montagne magique, revient, attaché par le lieu, incapable de se ressaisir et de repartir. Il comprend alors qu’il est plus que fasciné par un jeune garçon qui se trouve là en vacances, avec sa famille, Tadzio. Il l’aime et ne le dira jamais.

Monet, Gondoles à Venise, 1908,
musée des Beaux-arts de Nantes, RMN.
Pendant qu’il reste là, comme un Charlus ridicule et muet, une maladie silencieuse se développe dans la ville, une épidémie dont le nom ne sera jamais prononcé. On assiste à la décrépitude de Venise, en proie aux miasmes, alors que l’hôtel est un havre enchanté, où le mal ne parvient jamais. Je mentionne Charlus car il semble que nous ayons accès à l’intériorité de cet homme âgé qui se maquille et se poudre. Le portrait du Tadzio n’est pas net : encore en costume marin, adolescent luttant avec les garçons de son âge, jeune homme conscient de l’attention qu’il suscite. Mais à la différence de Charlus, Aschenbach n’envisage pas le passage à la chair et se contente de rêveries empruntant le langage de la mythologie grecque. C’est un très beau texte, qui peut mettre mal à l’aise par la précision de son langage, parce qu’il est gênant d’assister d’aussi près et de façon aussi intime à la décrépitude d’un être.

Qui ne serait pris d’un léger frisson et n’aurait à maîtriser une aversion, une appréhension secrète si c’est la première fois, ou au moins la première fois depuis longtemps, qu’il met le pied dans un gondole vénitienne ? Étrange embarcation, héritée telle quelle du Moyen Âge, et d’un noir tout particulier comme on n’en voit qu’aux cercueils, – cela rappelle les silencieuses et criminelles aventures de nuits où l’on n’entend que le clapotis des eaux, cela suggère l’idée de la mort elle-même, de corps transportés sur des civières, d’événements funèbres, d’un suprême et muet voyage.

J’ai emprunté le DVD du film de Visconti, je vous en parle bientôt. Un élément de la famille Mann pour le défi de Sharon et une étape du viaggio.




vendredi 12 octobre 2012

Scott fait des romans, mais Zelda fait sensation.


Kendall Taylor, Zelda et Scott Fitzgerald. Les années 20 jusqu’à la folie, traduit de l’américain par Camille Fort, 1e éd. 2001, Paris, Autrement, 2002.

J’avais un poil de méfiance en abordant cette biographie car je craignais quelque chose de trop binaire. Mais si l’on plaint Zelda et que Scott est bien un beau salopard, Taylor restitue bien la complexité et la profondeur de leur relation.

 Il s’agit d’une biographie de Zelda et du couple Fitzgerald, les deux étant envisagés comme une entité, ce qui est intéressant. S’il n’est pas question pour moi de vous relater la vie de ces deux auteurs bien connus (et puis Asphodèle raconte très bien), j’ai envie de souligner quelques aspects remarquables. Tout d’abord, la vie des Fitzgerald a un point commun avec la biographie de Taylor : il s’agit de collectionner les noms propres. Toutes leurs relations sont listées : riches familles américaines, auteurs, condisciples de lycée, danseurs, journalistes, stars, fêtards… Certaines reconstitutions de milieux sont impressionnantes comme le New York, le Paris autour de Gertrude Stein, les clubs de jazz noir américains de Paris… Le décalage d’époque est aussi impressionnant. On connaît le plaisir que prend Zelda à choquer son monde : par exemple, elle se rend à la piscine de Montgomery alors qu’elle est enceinte, et la vue de ce gros corps de femme est apparemment un grand scandale ! J’ai aussi été frappée par le fait que Taylor peut reconstituer le moment exact de chaque photo de Zelda qui nous est parvenue : on est bien loin de notre époque où les photos se multiplient chaque jour !

En ce qui concerne le couple Fitzgerald, tout est raconté, de la rencontre à la destruction. Le personnage que chacun joue, ses faiblesses et ses contradictions. Il manque quelques considérations sur les œuvres littéraires à mon goût même si je reconnais que ce n’est pas le propos de l’auteur. Mais à propos de Gatsby le magnifique cela m’a manqué. Il faut reconnaître que Taylor le fait très bien à propos du personnage de la flapper, montrant bien ce que ce mythe doit à de vraies jeunes filles et notamment à Zelda qui incarne un modèle dans son paroxysme, comment il doit aussi à plusieurs écrivains et notamment à Fitzgerald qui reprend des pages et des tirades de sa femme tout en créant un véritable personnage symbolisant toute une époque.
Période de liberté et de conservatisme et de sexisme, tout est mêlé.


E. Hopper, Tables pour Dames, 1930
New-York, The Metropolitan Museum of Art, image RMN.

 Extrait d’une lettre de Zelda à Scott, digne d’une peinture impressionniste :
La Madeleine était-elle rose, à cinq heures du soir, et les fontaines chutaient-elles avec une délicatesse un peu creuse dans le cadre que dessine l’espace sur la place de la Concorde ? demanda-t-elle à Scott. Le bleu sortait-il en catimini de derrière les colonnades dans la rue de Rivoli, à travers les Tuileries, et le Louvre était-il gris et et métallique dans le soleil, et les arbres ployaient-ils moroses au-dessus des cafés, et y avaient-il des lumières la nuit, et le cliquetis des soucoupes, et les klaxons des voitures qui jouaient Debussy ?

Je suis en train d’achever ma lecture et j’ai hâte de lire les écrits de Scott et de Zelda maintenant !
10/12 pour les 12 d'Ys. Une troisième participation au défi d'Asphodèle Fitzgerald et les enfants du jazz. Et une deuxième pour Histoire de familles.



mercredi 23 mai 2012

Pourquoi ne pas demander à Mrs Dean de finir son récit ?


Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-vent, traduit de l’anglais par Frédéric Delebecque, publié en 1847 sous le pseudonyme d’Ellis Bell, Paris, Payot, 1984.

J’étais persuadée avoir lu ce classique mais en fait non… du coup je suis bien contente de l’avoir lu. Je l’ai lu très vite, sans doute trop vite, je le relirai !

L’histoire est racontée par Nelly Dean, domestique, à un jeune crétin londonien. Tout commence un soir quand le maître, monsieur Earnshaw, ramène chez lui, à Hurle-Vent, un enfant qu’il a trouvé et qu’il baptise Heathcliff. Nelly raconte la suite, les liens et les haines entre les enfants, l’amour naissant entre Catherine et Heathcliff,  et ce qui s’ensuit, sans fin, des années durant. Une humiliation sociale, une rivalité amoureuse, une vengeance inassouvie. Je ne vais pas trop en dire de l’histoire car s’il n’y a pas un immense suspense, ce n’est pas si essentiel à mon billet (vu tout ce qui a déjà été écrit à son propos).
J’ai lu ce roman avec immense plaisir. J’aime les romans qui se déroule sur plusieurs générations, qui prennent le temps de se déployer ainsi avec amplitude. L’action se déroule dans deux lieux, deux maisons proches l’une de l’autre, séparées par la lande. Il y a peu de personnages, tous unis par des liens de famille. Heathcliff est en somme une brute passionnée, poussé par la soif de vengeance, il est à l’initiative de la plupart des rebondissements. Les autres personnages apparaissant plus faibles, avec moins d’épaisseur, comme tétanisés d’un point de vue narratif et leurs efforts faits pour ruser semblent bien dérisoires face à la volonté farouche de Heathcliff qui prend l’allure du destin. Le roman ne s’achève que lorsque ce dernier semble l’avoir décidé.

L’atmosphère du roman est très noire, marquée par la nuit, la tempête, la maladie et la mort. Elle est très excessive aussi : les larmes, les cris, les coups, les scènes de violence sont innombrables et font un roman exacerbé.
Une dimension particulièrement intéressante de ces grands romans du XIXe siècle (et j’inscris ici Secret absolu) c’est que nous suivons souvent des personnages depuis leur plus tendre enfance. De ce fait, d’importantes considérations sont faites à propos de l’éducation : enfants uniques, orphelins d’un parent, qui sont trop gâtés, enfants grandis en solitaires, enfermés dans une maison, qui deviennent des adultes arrogants, fragiles, énervants.
Un livre que je relirai certainement…
Participation au challenge Victorien (mois de mai dédié aux sœurs Brontë), au challenge Histoires de famille et à celui consacré aux sœurs Brontë.

Oh ! je suis brûlante ! Je voudrais  être dehors ! Je voudrais me retrouver petite fille, à demi sauvage, intrépide et libre ; riant des injures au lieu de m’en affoler ! Pourquoi suis-je si changée ? Pourquoi quelques mots font-ils bouillonner mon sang avec une violence infernale ? Je suis sûre que je redeviendrais moi-même si je me retrouvais dans la bruyère sur ces collines. Rouvre la fenêtre toute grande ; laissez-la ouverte !



samedi 24 mars 2012

Les humeurs du samedi-manche. 6.


Coucou ! Les bonnes nouvelles de la semaine dans l'ordre chronologique.
D'abord je me suis inscrite à un nouveau challenge, organisé par Sharon. Il s'agit du challenge Histoire de famille : lire des auteurs liés par des liens de parenté (couples acceptés) et/ou de lire des livres comprenant des termes de parentèle dans leur titre. Allez lire toutes les explications sur son blog. Pour ma part, j'ai en vue les soeurs Brontë pour cause de challenge victorien mais il n'est pas exclu que d'autres me séduisent aussi. Voyez tout le choix possible !



Jeudi après-midi fut également une bonne journée puisque j'ai eu la joie de rencontrer pour la première fois une blogueuse, j'ai nommé Aymeline. Ce fut bien agréable de papoter devant nos chocolats chauds. L'après-midi s'est achevée de manière prévisible chez Gibert :
- un paquet de romans de Anne Perry pour Aymeline pour cause de challenge Anne Perry chez Syl.
- et pour moi-même : Freaky Fridays de Brigitte Aubert au sujet duquel j'ai lu de bonnes choses ; Les Courants fourbes du lac Tai de Qiu Xialong (j'aime bien l'inspecter Chen même si mon amie Eva m'assure que celui-ci est, je cite, "un navet de première") ; La Duchesse de Langeais - La Fille aux yeux d'or de Balzac (car j'ai en vue la LCA de Marie ; V. de Thomas Pynchon (mon billet sur Vice caché, c'est rare de trouver des romans de Pynchon de poche et d'occas, il faut se précipiter dessus) et Le Cantique des cantines, le Poulpe, un bon petit polar à la française.

Enfin, deux bonnes petites choses. Tout d'abord, étant membre de l'équipe de Vendredi Lecture, nous avons vécu quelques moments d'excitation car, sur Twitter, le tag #VendrediLecture était parmi les tendances pour la France :


Et parce qu'en avril je compte bien remettre les pieds dans une "vraie" librairie. Suis en manque...