La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.



samedi 1 août 2026

Cocteau sur la Côte d'Azur

 

1er août, rangeons les livres, chaussons les sandales et empoignons l’appareil photo. Je vous propose une balade sur la Côte d’Azur.

Tout d’abord, étape à Menton. Nous nous rendons à l'hôtel de ville, où la salle des mariages a été décorée par Jean Cocteau en 1956.

La pièce est sans fenêtre, avec un éclairage électrique assez pourri, mes photos sont toutes grises, mais on essaie de se concentrer. Ici la vue quand on est dans l'assistance.

Tout au fond, sous le soleil, les deux fiancés. Elle porte un grand chapeau qui est niçois alors que lui a un bonnet de pêcheur. Il a aussi un oeil en poisson.


D'un côté une noce imaginaire. La fiancée est assise en croupe derrière son homme, sur un beau cheval blanc. Derrière on apporte des présents, des fruits et des fleurs. Une matrone est assise, des hommes commencent à danser ; un autre homme semble emporter sa belle.

C'est Cocteau qui a aussi conçu le mobilier, sièges, candélabres, etc.

En face, une femme est soutenue par deux compagnes. C'est Eurydice qui est morte et qui s'écroule.

Derrière des centaures furieux. Texte de Cocteau : "Aussitôt les hommes s’animalisent, deviennent centaures, s’entretuent et massacrent des bêtes innocentes." 

De ce côté-ci Orphée laisse tomber sa lyre. Un flamant rose est atteint par une flèche et s'écroule. Les centaures sont criblés de flèches

Les lignes qui ornent les corps ressemblent à des tatouages, que Cocteau envisageaient peut-être comme primitifs, renvoyant en tout cas à une humanité lointaine, loin de l'occident du 20e siècle. Les formes sont stylisées, étrangement posées et élégantes, alors que le récit est d'un côté celui d'une fête, de l'autre celui d'une mort. 

Et au plafond ? La poésie chevauche Pégase, mais elle semble prête à tomber

L'amour s'apprête à tirer une flèche mais complètement à l'envers. Un être ailé jongle avec des planètes,  ce serait la Science. C'est très bas de plafond et on a un peu l'impression qu'on va tout se prendre sur la tête, les planètes et Pégase, c'est très loin d'être confortable.

La tragédie affleure toujours dans tous les moments de la vie humaine, notamment les mariages. Mythe et noce méditerranéenne, fête et combat féroce. Ce décor n'est pas doucement joyeux et festif.

La salle des mariages est toujours utilisée pour les mariages, vous comprendrez donc qu’elle ne se visite pas le samedi. J'ai déjà commis un billet sur Menton.


À quelques kilomètres de là, Villefranche-sur-Mer est une minuscule cité située juste à côté de Nice. La rade est belle, la citadelle impressionnante et les ruelles charmantes. Et en hiver, c’est vide et calme.

Jean Cocteau décore en 1957 la chapelle Saint-Pierre, chapelle des pêcheurs, qui appartient toujours à la Prud’homie des pêcheurs de Villefranche.



L'abside face à la porte. Un ange sauve Saint-Pierre (patron des pêcheurs) et l'aide à s'élever. Tout en haut, au centre, la représentation de la citadelle de Villefranche. Et autour des épisodes de la vie de Pierre, avec des miracles de Jésus associés à la pêche.
Les couleurs sont très sobres, un délicat camaïeu de gris bleutés, j'aime bien.

Sur un côté l'arrestation de Saint Pierre.


De l'autre, des gitans jouent de la guitare, les femmes de Villefranche vendent le poisson. On pêche, on se baigne. Vous reconnaissez les chapeaux, les bonnets, les yeux poissons, les cactus...


C'est le mur d'entrée, côté rue, avec la porte fermée. Vous voyez les grands candélabres (en céramique) avec des yeux. Ce décor est un peu mystérieux.

Les photos sont interdites, celles que vous voyez proviennent donc de ce site.

En hiver, Villefranche est désert et on peut dormir à l’hôtel La Régence, qui est très sympathique, et prendre le petit-déjeuner dans le bar.

Un jour, j’irai à Milly-la-Forêt voir la maison et la chapelle de Cocteau.

Photo de Lartigue.

Pour ce mois d’août, Cléanthe nous propose de faire escale dans une station balnéaire. Elles sont innombrables certes, mais hélas je n’ai rien trouvé sur mes étagères. Snif. C’est pourquoi j’ai songé à cette alternative poético-picturalo-touristique.

Encore un billet avant le grand départ !



jeudi 30 juillet 2026

Mr. Snopes ratait probablement la majeure partie de ce qu’on lui disait par derrière, mais il ne perdait jamais rien de ce qu’on ne lui disait pas en face.

 

William Faulkner, La Ville, parution originale 1957, traduction de l’américain par Jules Bréant, révisée par Marc Amfreville, Antoine Cazé et Aurélie Guvillain ; édité en France par Folio/Gallimard.


À l’ouverture du roman, je lis ce premier paragraphe :
Je n’étais pas encore né, c’est donc le Cousin Gowan qui était là, assez grand pour voir et se souvenir et me raconter par la suite lorsque je fus en âge de comprendre. Ou plutôt, c’était le Cousin Gowan plus l’Oncle Gavin ou mieux peut-être l’Oncle Gavin plus le Cousin Gowan. Lui – le Cousin Gowan – avait treize ans. Son grand-père était le frère de Grand-Père, alors, à l’époque où le récit des événements nous parvint, et on ne savait ni l’un ni l’autre quel était notre degré de parenté.
 et je fais wahou, ça va dépoter. Voilà un auteur qui ne nous dit pas tout.

Ce premier paragraphe pose d’ailleurs en évidence le point central : qui raconte l’histoire ? Qui raconte l’histoire de Flem Snopes et celle de son ascension à Jefferson ? Et qu’est-ce qui nous est vraiment raconté ? D’emblée, nous sommes invités à nous méfier de ce récit, rapporté par ouï-dire.
Donc on reprend Flem Snopes au moment où il quitte le Domaine du Français et s’installe en ville avec femme et enfant, et avec sa palanquée de cousins. L’idée est de le suivre au gré de son ascension sociale, non pas irrésistible, mais opiniâtre, acharnée, en quête de richesse, mais surtout de respectabilité.

Parce que nous tous dans notre contrée, même après un demi-siècle, avons encore une vision sentimentale des héros de notre chevaleresque débâcle, de notre défaite irrévocable, irréparable, et ces héros étaient vraiment nos héros, car c’étaient nos pères et nos grands-pères, nos oncles et nos grands-oncles au temps où le colonel Sartoris avait recruté ses combattants ici même dans notre comté et ceux qui le jouxtaient.

Mais après une première anecdote incompréhensible de vol de cuivre dans une usine hydraulique, le récit revient en arrière et on en apprend davantage sur ce qu’il s’est réellement passé au Domaine du Français. On se rend compte que lors de la lecture du Hameau on ne possédait pas alors tous les éléments nécessaires à la compréhension. Les nouveaux éléments ne révolutionnent pas notre vision, mais la complètent, et suggèrent surtout que la narration du roman s’opère de biais et de façon partielle.
(Page 120 j’ai fini par comprendre que chaque chapitre était précédé du nom de son narrateur.)

Autrement dit, vous avez été envoyés. Envoyés par une maudite bande de satanées vieilles bonnes femmes des deux sexes, ou plutôt d’aucun. 

Dans La Ville, nous voyons Flem Snopes mettre la main sur la banque de la ville, tandis que ses cousins prennent (avec plus ou moins de succès) un hôtel ou un restaurant. Toutefois, l’accent se déplace d’abord sur son épouse, Eula, la femme par excellence, qui ne nous est pas précisément décrite, mais dont la vue paralyse tous les mâles, notamment l’un des narrateurs, mais aussi le maire flamboyant de la ville. Mais il y a également la génération suivante, celle des fils aux prénoms improbables, et surtout de la fille. Et dans la stratégie de Snopes, les femmes sont bien évidemment tout à la fois des pions et des éléments imprévisibles, qu’il s’agit donc de maîtriser de gré ou de force. C’est vrai pour lui, mais aussi pour ses adversaires – et l’attirance malsaine d’un homme adulte pour une fille de 16 ans prend soudain l’allure d’une manipulation contre son père. Il y a aussi le goût des hommes pour les automobiles bruyantes dont ils se servent pour manifester leur autorité sur telle ou telle femme.

Au fur et à mesure apparaissent des personnages secondaires, ou des personnages qui sont de moins en moins secondaires – j’apprécie beaucoup la façon dont Faulkner mène son roman, le nourrissant par des biais inattendus, lançant des pistes qui s’égarent et disparaissent, ou qui réapparaissent. C’est une ville, il y a un shérif, un agent de police, une maîtresse d’école, des associations de dame, un lycée, des gamins qui se battent. Tous ces gens mettent de la vie dans la ville et le roman, créant des intrigues parallèles, qui viennent percuter la trajectoire de Flem Snopes ou celle des narrateurs à des moments inattendus.

Alors comme ça rien ne s’était produit et maintenant c’était déjà trop tard, avec le soleil qui déclinait et pourtant le poirier dans le jardin sur le côté avait déjà fleuri et puis perdu ses fleurs depuis un mois et maintenant l’oiseau moqueur s’était installé dans l’églantier rose, et il recommençait déjà à chanter là où il avait chanté toute la nuit durant la semaine entière jusqu’à ce qu’on se demande pourquoi diable il ne s’en allait pas ailleurs pour laisser les gens dormir.


Et l’on retrouve Ratliff, qui semble tout savoir, ou qui en donne l’impression, qui apparaît derrière la porte à chaque moment important, qui concentre l’attention sur tel ou tel point. N’est-ce pas lui qui mène la narration ? 
Par exemple, les actions de Flem Snopes sont décrites le plus souvent a posteriori, quand les autres personnages ont réussi à les décortiquer et à les analyser. Mais un chapitre particulièrement brillant adopte le point de vue de l’oncle Gavin, lui-même essayant de restituer avec finesse et compréhension le raisonnement et la stratégie de Snopes – c’est habile !

Après toutes ces années d’efforts pour se créer et maintenir la situation unique qu’il s’était faite à Jefferson, Ratliff ne pouvait se permettre de courir le risque de se promener dans les rues sans avoir toute prête la réponse adaptée à toutes les situation et à chacune en particulier qui ne le regardaient en rien.

Par ailleurs, ce roman se construit en parallèle à un autre, Sartoris (un des très bons), renforçant ainsi cette impression ou cette illusion d’avoir affaire à un monde complet et cohérent. Aucun des personnages n’est isolé ; Faulkner bâtit un univers subtil, complexe et entrecroisé.

G. Münter, Vue depuis un attelage de chevaux sur la route, Texas 1900


J’ai tout à la fois la sensation que l’auteur sait exactement où il veut nous emmener, qu’il s’enlise lui-même et qu’il prend plaisir à nous égarer. Le récit fait des sauts de cabri. Comment expliquer sinon qu’après ce chapitre consacré à l’avenir d’une fille de bonne famille, le chapitre suivant s’ouvre sur une histoire de mulets particulièrement embrouillée ?

C’était impossible de pénétrer les yeux de Mr. Hampton tellement ils vous fixaient durement ; c’était aussi impossible de dépasser le barrage de ses yeux que de dépasser un cheval sur un sentier juste assez large pour le passage d’une bête et trop étroit pour laisser la place à un cheval et à un homme en même temps. C’était impossible de pénétrer les yeux de Mr. Snopes parce que jamais ils ne vous regardaient vraiment, tout comme une mare d’eau stagnante ne vous regarde pas.

… ses yeux, non pas de ce bleu violent et poudreux des fleurs automnales, mais du bleu des fleurs de printemps, de ce mélange inextricable de glycine, de bleuet, de pied-d’alouette, de campanule, couleur du temps de toutes les filles séduites et de la bonne fortune des garçons, et trop tard pour le chagrin, trop tard.

Bref, j’ai adoré cette lecture. Je suis bien décidée à lire le troisième volume de la trilogie à l’automne. En attendant, c'était une lecture commune avec Ingannmic - elle raconte drôlement mieux que moi, allez lire son billet. Keisha quant à elle a lu un fragment antérieur de la Snopes Familiy, Barn Burning une nouvelle parue en 1939 et parlant de cette histoire de grange brûlée et elle a lu en VO, elle est très forte !

Et si vous hésitez à vous lancer, voyez ce petit catalogue de titres :

Le Bruit et la fureur (1929) : le récit d'une famille, mais d'abord leurs cris et leurs plaintes, leurs larmes et leurs regrets
Sartoris (1929) : un excellent roman qui n'est pas dénué d'espoir. C'est aussi un bon titre pour découvrir l'univers de l'auteur. L'histoire de la famille Sartoris
Sanctuaire (1931) : un roman assez facile à lire, mais sombre et éprouvant
Tandis que j'agonise (1930) : le plus facile pour commencer, une farce macabre brillante.
Lumière d'août (1932) : le Sud des années 30, marqué par son lourd héritage, un roman dense et sombre, mais très réussi
Descends, Moïse (1942) : la longue histoire d'une famille noire et blanche du Mississippi

La trilogie des Snopes : Le Hameau (1940) où Flem Snopes apparaît et s'empare d'un grand domaine et de la fille de la maison


mardi 28 juillet 2026

La dernière chose dont j’avais besoin en ce moment c’était de me mettre à rêver de Babylone.

 

Richard Brautigan, Un privé à Babylone, édition originale 1977, traduit de l’américain par Marc Chénetier, édité en France par Christian Bourgois.

Brautigan, c’est une lecture d’été.

Le narrateur est détective privé raté à San Francisco et le récit de ses avent… de son existence suffit à ridiculiser les hommes forts à la Sam Spade des romans noirs.
Notre héros n’a plus de bureau, ne paie plus son loyer, n’a pas réussi à coucher avec sa secrétaire, n’a plus de balles dans son revolver, doit téléphoner à sa mère, mais ça y est, un client l’a contacté, les affaires (re)prennent ! Ou pas.
Petite particularité : l’activité préférée de ce privé est de rêver à Babylone. Rêve où il est champion de sport, super détective, accompagné de la plus charmante des secrétaires et où ce brave Nabu (-chodonosor, et oui) lui tape dans la main. Bref, voilà qui n’aide pas à sa concentration.

« Quoi ? » dis-je, parce que c’était sans aucun doute un « quoi » qu’il fallait à ce moment-là et qu’à part un « quoi » rien n’aurait pu convenir à la situation.
Crécy, Pacific street, encre aquarelle, 2013 coll. privée


Une fois passé le charme de ce début tout en pastiche, il y a eu un petit moment poussif, parce que c’est bon, on a compris le truc… ça traîne... Et puis débarque le client, pardon la cliente, et là, les choses s’emballent, parce qu’il s’agit de voler un cadavre à la morgue, et puis des malfrats, et puis la police, et puis, etc.

Bref, une lecture très plaisante pour quand il fait trop chaud.

Si je me laisse avoir par tout ça, je commence à penser à Babylone et alors ça ne fait qu’empirer parce que je préfère penser à Babylone qu’à n’importe quoi d’autre et quand je commence à penser à Babylone je ne peux faire que penser à Babylone et puis ma vie entière part à vau-l’eau.

Où je découvre à cette occasion que Brautigan a aussi publié un pastiche de roman gothique, de roman western, etc.


Richard Brautigan sur le blog :

La Pêche à la truite en Amérique : un roman plein d'humour "sautillant"
Sucre de pastèque : encore un roman plein de charme que je qualifie de surréaliste
La Vengeance de la pelouse : des nouvelles au ton poétique et décalé


samedi 25 juillet 2026

De l'escrime et de la course

 

Connaissez-vous Germaine Richier ? Non, ce n’est pas une athlète, c’est une immense sculptrice française.

Germaine Richier (1902-1959). Un apprentissage à l’École des beaux-arts de Montpellier, puis dans l’atelier de Bourdelle à Paris. Reconnue, des expositions lui sont assez rapidement consacrées. Elle réside en Suisse pendant l’Occupation.

Son œuvre comprend de nombreux bustes, de grandes silhouettes masculines et féminines, immobiles ou en marche, des sauterelles géantes, une femme-araignée, Don Quichotte, un grand cheval à six têtes et...


L'Escrimeuse avec masque, 1943, bronze patiné foncé (fondeur Godard), conservé au Musée Fabre. C'est cette pose que nous avons pu voir à la télé lors des tournois d'escrime, "en garde" a-t-on envie de dire. Cette position allie tout à la fois l'immobilité absolue (et pas seulement parce que c'est du bronze), une grande tension et une dynamique paradoxale : ne dirait-on pas que le ressort va se détendre tout à coup et que l'escrimeuse va bondir à l'assaut d'un instant à l'autre ?
Stabilité et équilibre : les maîtres mots de la sculpture. Comme quoi la sculptures se prête également à la représentation de l'instant décisif et du mouvement suspendu. Quand l'immobilité est d'abord une position.
La représentation est à la fois réaliste et théâtrale. Le masque posée sur la tête nous rend le personnage étrangement aveugle et mystérieux.


L'Escrimeuse sans masque, 1943, bronze patiné foncé (fondeur Pastori), conservé à Zurich Kunsthaus. Ici l'escrimeuse n'est pas seulement sans masque. Si elle n'est pas véritablement nue, tous les détails de l'habit semblent estompés, c'est particulièrement visible pour ce qui concerne les gants et les chaussures. D'une simple combinaison ou une silhouette non détaillée à une carapace transformant le corps en une quasi sculpture.
Richier a élaboré le plâtre original de L'Escrimeuse en 1943, à partir duquel plusieurs oeuvres en bronze fondu ont été tirées, avec d'intéressantes variations.


Le Coureur, 1955, bronze patiné foncé (fondeur Susse), conservé au CNAP. Un homme pris dans le mouvement de la course, posé sur un seul pied - se rend-on compte de la performance en terme d'équilibre des poids pour faire tenir debout ce grand bronze ? Les bras près du corps, en plein élan de la foulée.
Ni le corps ni la tête ne sont individualisés, l'artiste a évité tout détail qui nous éloignerait de sa silhouette. Pourtant, pas de silhouette lisse. La surface est irrégulière et accroche la lumière, nous invitant à suivre les aspérités et les possibles jeux des muscles et des nerfs en action.
S'agit-il d'un sportif ou d'une fuite ou de toute autre raison de courir ? Rien ne l'indique.

En 1954 Richier reçoit la commande d'une sculpture de coureur pour le Stade Jean-Bouin de Pantin, mais celle-ci n'a jamais été installée et l'oeuvre originale est conservée dans une collection privée. De même en 1955, c'est pour le stade scolaire de Saint-Ouen qu'elle reçoit une commande pour une figure de coureur, mais là encore, l'oeuvre n'est pas installée et depuis elle est conservée au CNAP, déposée au Musée Fabre. C'est cette seconde oeuvre que nous voyons aujourd'hui.


Certains d’entre vous auront découverte Richier lors d’une exposition à Pompidou il y a quelques années. Avant cela l’exposition était au musée Fabre de Montpellier. Tout au long de l’année ses œuvres peuvent être admirées notamment à Antibes et à Montpellier.

La semaine prochaine : no sport.



jeudi 23 juillet 2026

Mère est merveilleuse, mais que va-t-on faire d’elle ?

 

Vita Sackville-West, Toute passion abolie, parution originale 1931, traduit de l’anglais par Micha Venaille, édité en France par Autrement/Le Livre de Poche.


Au début du roman, Lord Slane (ancien Vice-roi des Indes) vient de mourir et ses enfants sont réunis dans le salon et parlent de la future vie de leur mère. Sans la consulter, puisque de toute façon elle n’a jamais émis son avis.
Justement. Lady Slane, 88 ans, décide qu’elle se passera de voir ses enfants, même si deux d’entre eux lui sont plus sympathiques, et qu’elle ira vivre, avec sa bonne, dans une petite maison de Hampstead.

Mais ce drame récent leur avait fourni le prétexte d’une nouvelle phrase : « Mère est merveilleuse. » C’était exactement ce qu’on attendait d’eux.

La voici libre de vivre sa vie à son rythme et selon son coeur, se plongeant dans ses souvenirs, sa jeunesse, ses fiançailles, ses rêves…
N’allez pas croire pas à une « vieille fournelle » ou à des révélations fracassantes sur le tard. Non. C’est seulement qu’on a bien le droit de déposer les conventions sociales et les sentiments indispensables et de se contenter d’une petite marche à pied.

Un roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir, car il manie de façon équilibrée l’ironie un peu vache et la tendresse, la nostalgie et l’apaisement.
Il m’a semblé aussi que Lady Slane faisait écho à une autre héroïne aimant à se plonger dans ses souvenirs, mais moins âgée et n’ayant pas encore abdiqué toute participation au monde, j’ai nommé Clarissa Dalloway.

Mais elle avait également connu des moments d’existence pure.

Elle réfléchit sur le destin des jeunes femmes, qui ne peuvent pas parcourir le monde à l’égal des jeunes hommes, qui ne peuvent pas se consacrer à la peinture (ou autre passion), qui sont vouées uniquement au mariage. Elle réfléchit sur ce que l’on peut transmettre à ses (arrières)(petits)enfants : pas toujours grand-chose, mais quelquefois plus que ce que l’on ne pense. Le roman est autant un hymne à vieillesse qu’à la jeunesse, en réalité à la vie et au temps qui passe si vite, aux moments éphémères dont on se souvient toujours et à ceux que l’on oublie, mais qui peuvent revenir si le hasard le veut bien.

Elle se demandait parfois quelle alors la vie de ces jeunes hommes, les imaginant en train de s’amuser, de rire, allant ici et là, en toute liberté, pressant le pas pour rentrer à la maison au petit matin, ou bien hélant un fiacre pour s’en aller à Richmond. Ils parlaient à des étrangers, ils entraient dans les boutiques, ils fréquentaient les théâtres. Ils allaient au club, dans plusieurs clubs même. Sorties de l’ombre, d’étranges femmes les accostaient, qu’ils possédaient pour une nuit, dans une étreinte sans avenir. Ils étaient désinvoltes avec grâce, libres avec élégance. Et quand ils revenaient à la maison, ils n’avaient de compte à rendre à personne.

D’ailleurs ses rêveries n’étaient-elles pas encore vivantes, même si le temps les avait enfouies au plus profond d’elle-même, même si elles étaient atténuées, moins vivaces qu’autrefois, même si ses perceptions étaient devenues plus floues, comme embuées ? Elle vivait désormais dans un monde de sensations, où la raison pure n’avait plus guère sa place.


Sickert, Easter magasin à Londres, 1928 National museum Northern Ireland



mardi 21 juillet 2026

Et qu’est-ce que cela fait, qu’elle soit méthodiste ? Ce n’est qu’une fleur de souci dans la soupe.

 

George Eliot, Adam Bede, parution originale 1859, traduction de l’anglais par François d’Albert-Durade, revue par Dominique Jean, édité en France par Archipoche.


Au début du roman, dans un petit village d’Angleterre, en 1799, nous faisons connaissance avec Adam Bede, jeune menuisier, costaud, bon et honnête, et aux idées bien arrêtées. Mais aussi avec son frère, beaucoup plus doux. Le soir, par curiosité, tout le monde se rend aux prés communaux écouter Dinah, jeune prédicatrice méthodiste, qui prêche le soir après sa journée.
C’est le premier personnage de prédicatrice que je croise dans un roman !
Ce début va donner le ton, l’ambiance, quelque chose où la culture de l’Ancien et du Nouveau Testament est très présente. J’ai même pensé vaguement à ces romans américains de Harlem, mais plus encore à ceux de Marilynne Robinson.

Bien sûr, avant de lire George Eliot, je n’avais pas mesuré à quel point les querelles religieuses avaient pu être féroces en Angleterre au 19e siècle, entre église établie et méthodistes. J’avoue que cela me passe un peu par-dessus la tête, mais quelle découverte intéressante ! Le sujet est au coeur de ses premières parutions, mais beaucoup moins des suivantes.

C’était un de ces après-midi où le destin cache son horrible visage froid derrière un voile de brume lumineuse, nous enveloppe de ses chaudes ailes veloutées et nous enivre du parfum de violette que répand son souffle. (…) Ses regards se dirigeaient malgré lui sur une courbe éloignée du chemin où devait nécessairement apparaître d’ici peu une silhouette légère.

Bref, nous partons donc pour un roman de 770 pages, avec pour personnage principal cet Adam Bede, ses amours heureuses et malheureuses, son établissement en tant qu’homme, c’est-à-dire en tant que mari, père et travailleur sage et reconnu par ses concitoyens. Toutefois, au coeur du livre, il y a une autre histoire, celle de la jolie Hetty, de ses amours à elle et de son destin tragique. Oui tragique, car malgré le propos majoritairement conservateur, l’envers des romans sentimentaux austéniens, ce sont bien ces jeunes femmes sacrifiées avec une violence qu’on a peine à imaginer.

Mais comme dans tous les romans d’Eliot, c’est tout un monde qui nous est dépeint. Du frère d’Adam au jeune et beau gentilhomme, au pasteur qui est un brave homme même s’il est un peu léger en théologie, un couple de fermier et leurs enfants, d’innombrables chiens, des propriétaires et leurs tenanciers… Le roman raconte extrêmement bien la vie des campagnes anglaises, ses relations sociales, sa hiérarchie, ses saisons avec le chant des moissonneurs… Les ouvriers des fermes y restent à l’arrière-plan, car ce sont les fermiers qui comptent et le ton est empreint de nostalgie : encore un roman de ce qu’on appelle la Révolution industrielle qui chante les charmes disparus de l’honnête vie rurale. Ah, Eliot n’est pas une romancière des villes.


Cela fut dit à voix plus basse que d’habitude, tandis que son mari parlait à Adam, car Mrs Poyser se conformait très strictement aux règles des convenances, et pensait qu’une jeune fille ne devait point être grondée trop vivement devant un homme respectable qui lui faisait la cour. Ce n’aurait point été franc jeu ; chaque femme est jeune à son tour, et a ses chances de mariage qu’il est un point d’honneur chez les autres femmes de ne pas contrarier.

C’est son premier grand roman et cela se sent. Soit qu’elle ne fasse pas confiance à sa plume, soit qu’elle ne fasse pas confiance au lecteur, elle dissèque beaucoup trop les sentiments et les émotions. J’avoue avoir passé un bon paquet de pages. Cela manque un peu de rythme, tout cela, et ne laisse pas suffisamment de liberté à l’esprit du lecteur.
Il n’empêche qu’il y a des tas de merveilles d’écriture, impossible de les relever toutes. C’est quand même brillant !

Constable, La Charrette de foin, 1821 NG Londres


Avec une seule goutte d’encre pour miroir, le sorcier égyptien entreprend de révéler au passant de hasard des visions d’un passé reculé. C’est ce que j’entreprends de faire pour vous, lecteur.

C’est le début et il faut dire que les allusions à l’Égypte ancienne sont innombrables dans le roman. Au-delà des thèmes vétérotestamentaires attendus (Moïse et Joseph et autres), je me demande si elle n’a pas fait un pari avec Lewes.

Peut-être se retournera-t-il dans un instant et, en attendant, nous pouvons regarder cette imposante vieille dame, sa mère, une belle brune âgée, dont la riche carnation est rehaussée par cette enveloppe compliquée de batiste blanche et de dentelles qui encadre sa tête et son cou.

Mais quel portrait !

Elle savait bien aussi que Mr Craig, le jardinier du domaine, était fou d’amour pour elle. Il lui avait fait dernièrement des aveux auxquels on ne pouvait se méprendre, qui avait pris la forme de succulentes fraises et de petits pois emphatiques.

Et quelle ironie ! Moi aussi, je veux qu’on me fasse la cour à coup de petits pois emphatiques.

Adam Bede ayant eu l’honneur d’être inscrit au programme du Capes et de l’agrég, sa fiche Wikipedia française est extraordinairement complète.

Avec ça, j’ai assez envie de relire Daniel Deronda – va falloir beaucoup prendre le train pour ça.

Une participation au défi des Deux George de la Littérature de Miriam et Claudia LuciaL’avis de Miriam sur ce roman et celui de Claudia Lucia.


George Eliot sur le blog :

Scènes de la vie du clergé : Le Roman d'amour de Mr Gilfil ; Les Tribulations du révérend Amos Barton ; La Repentance de Janet (1857) : la cabale contre un nouveau pasteur et l'alcoolisme d'une jeune femme

Le Moulin sur la Floss (1860) : le portrait d'un frère et d'une soeur, la vie des enfants, le roman qui reste mon préféré de coeur
Silas Marner (1861) : entre le conte de Noël et la peinture réaliste de la vie de village
Felix Holt, le radical (1866) : peinture de l'Angleterre contemporaine, avec la réforme électorale et l'industrialisation des campagnes
Middlemarch (1871) : la vie de village, avec le destin que se choisissent les hommes et les femmes
Daniel Deronda (1876) : un roman ambitieux et foisonnant, où la vie des personnages est racontée dans leur complexité, et avec une incursion dans le sionisme. C'est le roman qui m'impressionne le plus.



samedi 18 juillet 2026

On joue au polo !

 

Le polo, c'est ce sport d’équipe où des gens à cheval propulsent une balle à l’aide d’un maillet. Un sport qui est né dans les steppes d'Asie centrale il y a plus de 2500 ans et qui s'est répandu en Perse, à Constantinople, jusqu’aux Mamelouks d'Égypte, mais aussi jusqu’en Chine.

Saviez-vous que les terrains de polo de Tamerlan, le conquérant mongol, sont encore visibles à Samarcande ?

Les Occidentaux découvrent véritablement le polo quand les conquérants anglais débarquent en Inde, même si, évidemment, ils en avait déjà vu ou entendu parler. Et aujourd’hui, les tournois de polo les plus réputés ont tous lieu en Argentine – la mondialisation, c’est quelque chose !

Le polo se pratique également à la nage (soit), à vélo (ok), en kayak (ah tiens) et à dos d’éléphant (normal).

La page Wikipedia recense plusieurs représentations artistiques. Et moi, où ai-je bien pu en trouver, me direz-vous ? Et bien, au musée Guimet.


À l'étage du musée, le regard ne peut qu'être attiré par ces grandes vitrines avec cette ronde bondissante. Et hop, et hop, et hop.
Des dizaines de figurines de terre cuite, datées du 8e siècle de notre ère, provenant de Chine du Nord. Des chevaux libres, mais aussi des cavalières, des joueuses de polo.


Un beau cheval pomelé, la queue et la crinière bien attachées pour éviter de gêner la course et d'accrocher le maillet - maillet qui devait être en bois et qui a disparu depuis longtemps. Regardez comme le cheval et la cavalière sont saisis en plein mouvement. La joueuse a le bras levé, elle est concentrée sur la balle.


Les coiffures et les vêtements sont individualisés, les chevaux aussi. Les positions varient.



Cette belle photo en gros plan et sans reflet provient du site du Musée Guimet. On voit bien la tête du cheval, son expression en plein effort, les yeux, la bouche, les oreilles. La joueuse semble faire corps avec sa monture. Les cheveux sont rassemblés dans le chignon serré et rien ne la distraira du jeu.
J'emprunte au Musée Guimet les informations suivantes.
Ces figurines étaient déposées dans les tombes. Il s'agissait de substituts destinés à assurer au défunt une existence confortable dans l’au-delà. Pas de raison de se priver de son sport préféré sous prétexte que l'on est mort !

"La société cosmopolite centrée autour de la capitale, Chang’an, la plus grande ville du monde d’alors, est illustrée par ses figurines : jeux de tables, conteurs, spectacles de danse, musique, tir à l’arc… Le jeu de polo (jiqiu) semble avoir été introduit à la cour des Tang par les échanges avec le monde persan."

Sur Wikipedia on trouve encore plein de photographies de joueuses de polo de la dynastie Tang.




J'aime bien l'accrochage du musée parce qu'il donne l'illusion d'une ronde, comme si toutes ces figurines participaient au même match, alors qu'elles ont vraisemblablement été trouvées dans différentes tombes. Mais j'ai tout à la fois l'impression d'une cavalcade endiablée et d'un moment suspendu - est-ce que les chevaux ne volent pas ?

La semaine prochaine, quelque chose de beaucoup plus contemporain.




mercredi 15 juillet 2026

La confusion et la terreur redoublèrent, tout le monde était en suspens, sans savoir que faire, craignant et espérant le succès que Dieu voudrait leur envoyer.

 

Cervantès, Nouvelles exemplaires, parution originale 1613, traduit de l’espagnol en 1949 par Jean Cassou, édition Folio.


Des nouvelles exemplaires ? Des exempla, des histoires à portée vertueuse, mais avant tout des histoires. Des histoires où tout sépare les amoureux, mais ils se marient à la fin. Des enfants abandonnés qui retrouvent leur père ou leur mère, avec de grandes scènes de reconnaissance à la fin. Ou alors des histoires qui tournent tout cela en dérision ?
À nos yeux d’ailleurs, tout cela ne semble guère exemplaire. Une jeune femme violée dont le mariage avec le violeur fait tout le bonheur, parce qu’elle l’aime, et que cela rachète son honneur. Les femmes attribuées comme épouses un peu comme ça. Les esclaves, omniprésents.
Mais la plongée dans une Espagne d’un autre temps !
Alors ?

Les parents de Léocadie, blessés, affligés et au comble du désespoir, aveugles, sans les yeux de leur fille qui était la lumière des leurs ; seuls et privés de leur plus douce et agréable compagnie ; incertains, sans savoir s’il serait bon de faire de faire part de leur malheur à la justice et craignant de devenir eux-mêmes l’instrument par quoi leur déshonneur serait public.

Je ne vous parle pas de toutes les nouvelles, mais petit aperçu.
Comme son nom l’indique, La Petite Gitane se passe parmi une bande de bohémiens. Ils sont voleurs (naturellement), mais aussi nobles que des gentilhommes.
L’Amant libéral nous plonge parmi les galères des esclaves chrétiens en Sicile aux mains des Turcs. On y croise d’anciens chrétiens devenus musulmans pour pouvoir se libérer et s’enrichir, et même des femmes de vizir secrètement chrétiennes. Chrétiens et musulmans y craignent par-dessus tout les corsaires, et on y essuie des tempêtes et des naufrages. C’est très romanesque.

Ainsi parlait un esclave chrétien ; et il considérait du haut d’une petite éminence les murailles renversées d’une Nicosie à jamais perdue ; il leur adressait la parole ; il comparait ses misères aux leurs, comme si elles eussent été capables de l’entendre. Lorsque nous sommes dans l’affliction, notre imagination nous porte, par un mouvement naturel, à faire et à dire des choses étrangères au bon sens.

Notez une très bonne émission sur l'esclavage en Méditerranée, sachant que Cervantès l'avait lui-même expérimenté durant plusieurs années.

Rinconete et Cortadillo nous fait rencontrer les voleurs de Séville, avec leur chef, leurs coutumes et leur argot, voleurs qui manient un ton grandiloquent, mais plein de fautes, en contraste total avec leur aspect dépenaillé. Ce décalage est très plaisant à lire et Cervantès a dû bien s’amuser à l’écrire.


Et la Escalanta, s’enlevant une pantoufle commença à y donner des coups comme sur un tambour de basque ; la Gananciosa prit un balai de feuilles de palmier, tout neuf, qui se trouva sous sa main, et le raclant produit un son qui, bien qu’âpre et rauque, s’accordait à celui de la pantoufle. Monipodio cassa une assiette et des tessons fit deux castagnettes qui, placées entre ses doigts et agitées avec une extraordinaire vivacité, donnèrent le contrepoint à la pantoufle et au balai. (…)
De musque plus légère, plus divertissante et à meilleur marché, on n’en a pas inventé au monde. J’ai entendu dire l’autre jour à un étudiant que ni l’Orfraie qui tira Orifice de l’enfer (…) n’inventa une musique aussi facile à apprendre ni aussi jolie à jouer.

On rencontre une Espagnole anglaisehéroïne capturée enfant en Espagne par un officier anglais lors de la prise de Cadix (ça se finit bien heureusement) ; 
Des esclaves noirs, souvent ridiculisés ;
Des jeunes gens riches, mais peu recommandables ;
Un Licencié de verre, c’est-à-dire un homme qui a subi un sort et qui est persuadé d’être en verre ;
Une Illustre Laveuse de vaisselle dont il n’y a pas de honte à tomber amoureux ;
Des entourloupes entre bohémiens et paysans ;
Des hommes qui partent de chez eux pour être étudiants à Salamanque ou soldats dans les Flandres ;
Des bergers qui tuent des brebis pour les manger et attribuent le cadavre aux loups ;
Un dialogue entre deux chiens ! L’un des chiens a d’ailleurs été témoin de faits de sorcellerie, et oui !
Une dame bien sous tous rapports qui est proxénète et une sage jeune fille ayant déjà vendu plusieurs fois sa virginité à de riches hommes – cela finira par un mariage d’amour. (Tu parles d’un exemple d’immoralité, l’auteur prend le contrepied de tout ce qui précède) (et d'ailleurs, les spécialistes s'arrachent les cheveux pour savoir si c'est Cervantès ou non qui l'a écrit).
Velázquez, Démocrite, 1627 Rouen BA

Elle est plus épineuse qu’un hérisson ; c’est une mangeuse d’Ave Maria.

Je confesse avoir ressenti à certains moments une certaine lassitude, certains discours sont longs, et les histoires compliquées des belles dames ne m’intéressent guère. J’ai passé des pages. Mais à d’autres moments, j’étais totalement saisie par cette belle inventivité. C’est quand même très riche et parfois totalement inattendu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Cervantès est un inventeur d’histoire.

Il y a plusieurs années, j’ai lu et aimé le Quichotte, je suis bien décidée à le relire. Un jour, un jour…

En attendant, ceci constitue ma seconde participation à la thématique des Espagnes pour les escapades littéraires de Cléanthe.